Judith Gran

L'analyse de "The Footnote" ("La Note de bas de page") a été réalisée le 12/04/1997 par la doyenne Judith Gran de TSU Law School

Version Française :
Bon, je n'avais pas prévu de le faire, mais Robert Francis O'Reilly a écrit : "Il n'y a aucune preuve qui suggère qu'il était attiré physiquement par Spock. Intrinsèquement, celi suggère que Kirk n'était pas attiré physiquement par Spock. Il y a également une sorte de note de bas de page dans la novélisation du premier film Star Trek dans laquelle Kirk nie dans l'essentiel avoir déjà eu une attirance pour Spock." Lorsque quelqu'un prend le nom du Grand Oiseau en vain et interprète mal le Texte Sacré (dans ce cas, LA note de bas de page, c'est à dire la note éditoriale de Gene Roddenberry à la page 22 de la novélisation de Star Trek: The Motion Picture), je n'ai d'autre choix que de répondre. Néanmoins, avant de commencer, je dois relever la logique fallacieuse (heum, j'ai failli écrire "phallusieuse") dans les deux premières phrases de M. O'Brien. Dans l'essentiel, il argumente que "quelque chose n'est pas vrai tant qu'il n'y a pas de preuve pour le démontrer". Oups, adieu les milliers d'années de méthode scientifique. Mais oh, à quoi bon la logique lorsqu'on a le dogme ? Mais la voici. Une analyse ligne par ligne de LA note de bas de page. Dans sa "note éditoriale" à la page 22 de la novélisation de Star Trek: The Motion Picture (1979), Gene Roddenberry aborde enfin la question de savoir si Kirk et Spock sont amants. La note a apparemment choqué plusieurs fans, qui l'ont lu de façon superficielle, comme une façon modérée de nier explicitement la possibilité de slash entre Kirk et Spock. Mais une lecture plus approfondie infirme totalement cette explication. La note de bas de page est écrite de façon délibérément ambigüe afin que le lecteur moyen conclut précipitamment, mais de façon injustifiée, que Kirk et Spock n'ont *pas* été amants, tout en fournissant des indices aux lecteurs plus attentionnés qui suggèrent l'exact opposé. Les lecteurs qui sont familiers avec *Persecution and the Art of Writing* de Leo Strauss et ses autres œuvres reconnaîtrons l'approche que j'utilise ici. Strauss a découvert que les écrits d'Al-Farabi, Spinoza, Machiavel et d'autres penseurs qui ont exprimé des idées impopulaires sur des sujets controversés à leur époque, comme l'existence de Dieu et la relation entre la philosophie et la religion, requièrent une exégèse minutieuse de leur texte. Ces figures controversées avaient tendance à exprimer leurs idées à des niveaux de signification "exotérique" et "ésotérique": le premier était destiné au lecteur moyen, et le second au lecteur attentionné, qui serait amené à chercher le sens caché du texte à travers certaines ambiguïtés délibérées. En tant que challenge pour l'orthodoxie dominante, l'homosexualité est aussi controversée que le déni de la religion à l'âge de Machiavel. Il est compréhensible qu'un producteur de film et d'une série télévisée à forte audience soit réticent à déclarer brutalement que ses personnages les plus populaires ont eu une telle relation. Est-ce que la note de bas de page de Roddenberry est à lecture multiple ? Analysons la pour voir. Le texte nous dit que Spock considérait Kirk comme son "t'hy'la", un mot vulcain, nous dit la note éditoriale, qui peut signifier "ami", "frère" ou "amant". L'éditeur cite ensuite directement un commentaire transmis par Kirk sur "la spéculation comme quoi ils étaient effectivement devenus amants". C'est ce commentaire de Kirk qui est criblé d'ambiguités et qui requiert une analyse en détails. "JE N'AI JAMAIS ÉTÉ AU COURANT DE CETTE RUMEUR D'AMANTS", littéralement, tout ce que dit Kirk, c'est qu'il n'était pas au courant de l'*existence* de la rumeur. Même si les faits colportés par la rumeur étaient vrais, Kirk n'aurait peut-être jamais *entendu* la rumeur et donc n'aurait jamais été au courant de sa circulation. La phrase sonne ambigüe, toutefois, une ambigüité qui est accompagnée par l'usage de différents temps verbaux par Kirk dans cette phrase et la suivante, un usage de mots qui réussit à confondre totalement la lectrice, la laissant dans le doute, à savoir *quand* Kirk n'était pas au courant de cette rumeur. Il ne pouvait pas ne pas être au courant de cette rumeur au moment où l'éditeur lui a demandé de la commenter, étant donné qu'il dit ensuite, "BIEN QU'ON M'AIT DIT QUE SPOCK L'A ENTENDUE PLUSIEURS FOIS". Kirk ne pouvait rester ignorant de l'existence de la rumeur après qu'on lui ait dit que Spock l'avait entendue plusieurs fois. Par conséquent, le lien entre les deux propositions et la construction parallèle de la phrase (l'expérience de Kirk avec cette rumeur, par rapport à celle de Spock) soutient la conclusion que Kirk parle ici de son échec à *connaître* la rumeur, plutôt que de la valider ou la démentir. Apparemment, durant une certaine période dont la durée n'est pas spécifiée, Kirk ignorait que la rumeur était en circulation. Cela ne nous dit pas, en revanche, si la rumeur était vraie ou fausse. "APPAREMMENT, IL L'AVAIT TOUJOURS ÉCONDUITE AVEC SON LEVER DE SOURCIL DROIT CARACTÉRISTIQUE, QUI CONNOTAIT HABITUELLEMENT UNE CERTAINE COMBINAISON DE SURPRISE, D'INCRÉDULITÉ ET/OU D'AGACEMENT." Spock, apparemment, n'a pas démenti la rumeur lorsqu'il l'a entendue. Il ne l'a pas non plus confirmée, mais il est resté silencieux et a levé un sourcil. Peut-être est-il resté silencieux pour éviter de s'incriminer ? Nous ne devons pas tomber dans ce genre de conclusion précipitée, car Kirk nous a fourni les outils pour décoder le sourcil levé de Spock. Voyons ce que l'on peut conclure du "code" de Kirk. D'après lui, Spock aurait pu montrer : (a) surprise et incrédulité ; (b) surprise et agacement ; (c) surprise, incrédulité et agacement ; (d) agacement seulement ; ou (e) aucun des trois. Les possibilité (a) et (c), puisqu'elles incluent l'"incrédulité" dans la réaction de Spock, suggèrent que la rumeur est fausse, bien que cela ne soit pas définitif ; les possibilités (b), (d) et (e) valent aussi bien pour une rumeur vraie ou fausse. La "surprise" peut signifier rien de plus que la surprise quant à l'existence d'une telle rumeur ; "agacement" peut signifier l'agacement que représente la violation de la sphère privée de Kirk et Spock. Mais ces significations n'épuisent pas non plus l'univers des possibles significations du sourcil levé de Spock ("habituellement"). Non seulement le statut de la rumeur nous demeure obscur, mais nous ne savons pas ce que Spock a ressenti lorsqu'il l'a entendue. "QUANT À MOI, BIEN QUE JE N'AI AUCUNE OBJECTION MORALE OU AUTRE À FAIRE SUR L'AMOUR CHARNEL DANS SES FORMES HUMAINES, ALIENS OU MIXTES, J'AI TOUJOURS OBTENU MA MEILLEURE SATISFACTION PAR CETTE CRÉATURE, LA FEMME". Il s'agit de la phrase clé dans le commentaire de Kirk, car c'est ici que Kirk définit ses propres goûts et habitudes sexuelles. À première vue, on peut comprendre comment le lecteur moyen peut interpréter cette phrase comme une simple affirmation disant que Kirk fait uniquement l'amour à des femmes. Mais ce n'est *pas* ce que dit la phrase. La clé de la signification de la phrase sont ces termes : "meilleure satisfaction" "MEILLEURE" est un terme comparatif (techniquement, il s'agit d'un adjectif superlatif, qui requiert au minimum trois sujets pour comparer). Pour qu'il y ait une "meilleure", d'autres sujets doivent être disponibles pour une comparaison. Kirk ne dit pas qu'il reçoit sa seule "satisfaction" par des femmes, seulement que les femmes sont pour lui les "meilleures" partenaires sexuels pour le satisfaire. Par conséquent, on peut conclure qu'il a eu des partenaires sexuels qui ne sont *pas* des femmes et qu'il a reçu d'eux un peu de "satisfaction". L'insinuation évidente est que Kirk a essayé au moins une, si ce n'est plus, d'autres formes d'"amour charnel" qu'il énumère dans la première proposition de sa phrase. Le choix de Kirk du terme "SATISFACTION" pour décrire sa préférence pour les femmes est très révélatrice. Au cours de sa phrase, Kirk passe de façon inexplicable du terme "amour charnel" au terme bien plus étriqué "satisfaction". Tandis qu'amour physique" est une expression générale connotant la sexualité amoureuse avec un autre, "satisfaction" signifie généralement, dans un contexte sexuel, à la gratification brute des besoins sexuels. Tout ce que Kirk nous a dit, c'est qu'il considère le sexe avec les femmes plus "satisfaisant", c'est à dire plus efficace pour épancher la soif physique que le sexe avec d'autres créatures. Il est muet sur les autres dimensions de l'"amour charnel" : la joie, la tendresse, donner et partager et toutes les dimensions spirituelles et émotionnelles de l'intimité physique avec un partenaire à qui l'on tient profondément. L'abandon du concept d'"amour physique" pour le concept plus étriqué de "satisfaction" lorsqu'il compare les femmes aux autres partenaires sexuels suggère que Kirk a délibérément réduit le problème. En spécifiant "satisfaction" dans le domaine où les femmes sont, pour lui, les "meilleures" partenaires, Kirk nous a dit implicitement que les femmes ne sont *pas* tout le temps les "meilleures" dans les autres dimensions de l'"amour charnel" qu'il a exclu du champ de comparaisons. *Expressio unius est exclusio alterius.* (NdT : L'affirmation de l'un est l'exclusion de l'autre) En réduisant son attention sur ce problème, Kirk a réussi à nous distraire de la *vraie* question qui est posée : s'il a eu une relation d'amour physique avec une personne particulière qui n'est pas une femme. Si l'éditeur avait demandé à Kirk s'il avait eu une relation amoureuse avec Edith Keeler, maigre et brune, et Kirk aurait répondu de façon oblique : "J'ai toujours obtenu la meilleure satisfaction des blondes voluptueuses", nous aurions sûrement remarqué l'inadéquation de cette déclaration générale de préférences physiques comme réponse a un question sur une relation amoureuse en particulier. De plus, nous savons que Kirk classe l'"amour" bien plus haut que la "technique" (sans doute la source de "satisfaction") dans la sexualité. À la page 185 du roman, Kirk considère qu'il est possible, de par son expérience sexuelle supérieure, de séduire l'Ilia-probe plus efficacement que Decker, c'est à dire qu'il pourrait fournir à Ilia une expérience sexuelle plus "satisfaisante". Il rejette cette option car il sait qu'Ilia *aime* Decker et "la technique est toujours en retrait dans une course avec l'amour." Étant donné les propres opinions de Kirk sur la relative futilité de la satisfaction comparé à l'amour, son contournement d'une question sur l'"amour charnel" avec une réponse à une question non-existante sur la "satisfaction" est encore plus révélateur. "DE PLUS, JE NE VOUDRAIS PAS QU'ON PENSE QUE JE SUIS STUPIDE AU POINT DE CHOISIR UN PARTENAIRE QUI EST EN CHALEUR SEULEMENT UNE FOIS TOUS LES SEPT ANS." Kirk soutient que les personnes qui ont cette opinion de la sexualité vulcaine le considèreraient "stupide" s'ils savaient qu'il avait un partenaire vulcain ; il ne nous dit pas si les vulcains *sont* en fait fonctionnels tous les sept ans, ni si quelqu'un possède vraiment cette opinion ou non. Bien sûr, si les vulcains se trouvent être fonctionnels tout le temps et pas seulement une fois tous les sept ans, il n'y a absolument rien de stupide à avoir un partenaire vulcain, et Kirk a une fois de plus exécuté subtilement une manœuvre d'évasion à notre avantage. Kirk ne nous dit pas s'il considère que se *serait* stupide de prendre un compagnon vulcain, seulement qu'il ne voudrait pas *passer* pour stupide aux yeux des autres. Il est très improbable que Kirk refuserait d'avoir un amant vulcain seulement à cause d'un faux stéréotype tenu par des étrangers. Il a utilisé un stéréotype (et le cite de façon non-canon) populaire sur les vulcains pour dissimuler sa réticence à répondre à la simple question qui lui était posée. En effet, le fait le plus révélateur de toute la note de bas de page est que l'éditeur a posé à Kirk une question simple et directe, et qu'il fut gratifié, non pas avec un "oui" ou "non" simple et direct, mais avec une déclaration compliquée de 106 mots qui, lorsqu'elle est décryptée, est tout sauf une réponse claire. Gene Roddenberry nous a-t-il offert un autre exemple du fameux don de James Kirk pour les bobards ? Même si Kirk a refusé de répondre directement à la question de Roddenberry, il nous a néanmoins fourni quelques déclarations précises. Résumons les informations fournies par le commentaire de Kirk, le reste de la note et le texte. (1) Spock est venu au fait de rumeurs comme quoi lui et Kirk étaient amants. (2) Spock n'a pas confirmé ni démenti ces rumeurs. (3) Kirk n'a aucune objection morale ou autre à faire sur l'amour physique et ses formes diverses. (4) Les relations sexuelles de Kirk les plus satisfaisantes ont été avec des femme (5) Kirk a eu des relations sexuelles avec quelqu'un qui n'est *pas* une femme. (6) Kirk considère que les partenaires sexuels féminins ont l'avantage en terme de "satisfaction" sur les autres partenaires, mais pas sur les autres aspects de l'"amour charnel". (7) Kirk considère l'"amour" bien plus important que la "technique" dans une relation sexuelle. (8) Spock appelle Kirk par un nom vulcain qui signifie "ami", "frère" ou "amant". Je laisse à chaque lecteur le soin de décider le poids de cette évidence pour soutenir ou nier la possibilité d'une relation slash entre Kirk et Spock.
Traduite par Laurent
Version Originale :
Well, I wasn't going to do this, but Robert Francis O'Reilly wrote, "There's no evidence to suggest that he was attracted to Spock in a physical sense. That in and of itself suggests that Kirk was not physically attracted to Spock. There's also a footnote of sorts in the novelization of the first Trek novel in which Kirk essentially denies that he was ever attracted to Spock." When someone takes the name of the Great Bird in vain and misinterprets Sacred Text (in this case, The Footnote, that is, GR's "editor's note" on page 22 of the novelization of ST:TMP), I have no choice but to respond. Before I begin, though, I need to point out the logical fallacy (um, Ialmost wrote "phallusy") in Mr. O'Brien's first two sentences. In essence, heargues that "nothing for which we have not yet seen evidence can be true." Oops, there goes a few thousand years of scientific method. But hey, what good is logic compared to dogma? But here it is. A line by line analysis of The Footnote. THE FOOTNOTE: AN EXPLICATION DE TEXTE by Judith Gran In his "editor's note" on page 22 of the novelization of Star Trek: The Motion Picture (1979), Gene Roddenberry finally addressed the question whether Kirk and Spock are lovers. The note apparently struck some fans, who read it superficially, as a gentle but explicit denial of the possibility of K/S. Yet a deeper reading completely undermines that reading. The footnote is constructed with deliberate ambiguity that leads the average reader into the hasty but unjustified conclusion that Kirk and Spock have *not* been lovers, while providing the more careful reader with cues that suggest the exact opposite. Readers who are familiar with Leo Strauss' *Persecution and the Art of Writing* and other works will recognize the approach I use here. Strauss found that the writings of al -Farabi, Spinoza, Machiavelli and other thinkers who expressed unpopular ideas on topics that were controversial in their times, such as the existence of God and the relation between religion and philosophy, required a minute textual exegesis. These controversial figures tended to express their ideas on both an "exoteric" and an "esoteric" level of meaning: the first aimed at the average reader, the second at the more careful reader, who would be alerted to search for the meaning beneath the surface by certain deliberate ambiguities in the text. As a challenge to prevailing orthodoxy, homosexuality is as controversial as the denial of religion in the age of Machiavelli. It is understandable that the producer of a mass audience TV show and film might be reluctant to state too directly that his most popular characters have had such a relationship. Does Roddenberry's footnote contain different levels of meaning? Let us analyze it and see. The text tells us that Spock thought of Kirk as his "t'hy'la," a Vulcan word that, the editor's note tells us, can mean "friend," "brother" or "lover." The editor then quotes verbatim a comment supplied to him by Kirk on "some speculation over whether they had actually indeed become lovers." It is this comment of Kirk that is riddled with ambiguity and that requires analysis in detail. "I WAS NEVER AWARE OF THIS LOVERS RUMOR." Literally, all Kirk is saying here is that he was unaware of the *existence" of the rumor. Even if the facts referred to in the rumor were true, Kirk might simply have failed to *encounter* the rumor and thus might have been unaware that it was circulating. The sentence has the ring of ambiguity, however, an ambiguity that is compounded by Kirk's use of several differnt verb tenses in this sentence and the next, a use of words that succeeds in totally confusing the reader and leaving her in doubt as to *when* Kirk was unaware of the rumor. He cannot have been unaware of the rumor at the time the editor asked him to comment on it, for he goes on to say, "ALTHOUGH I HAVE BEEN TOLD THAT SPOCK ENCOUNTERED IT SEVERAL TIMES." Kirk could not have remained unaware of the rumor after having been told that Spock encountered it several times. The linking of these two clauses, therefore, and the parallel construction of the sentence (Kirk's experience with the rumor vs. Spock's experience with it) supports the conclusion that Kirk is discussing here only his own failure to *encounter* the rumor, rather than the truth or falsity of the rumor itself. Apparently, for some unspecified but definite period of time, Kirk remained unaware that the rumor was in circulation. This does not tell us, however, whether the rumor was true or false. "APPARENTLY HE HAD ALWAYS DISMISSED IT WITH HIS CHARACTERISTIC LIFTING OF HIS RIGHT EYEBROW WHICH USUALLY CONNOTED SOME COMBINATION OF SURPRISE, DISBELIEF, AND/OR ANNOYANCE." Spock did not, apparently, deny the rumor when he encountered it. Neither did he confirm it, but simply remained silent and raised one eyebrow. Did he perhaps remain silent to avoid self-incrimination ? We must not fall into such a hasty conclusion, for Kirk has supplied us with the tools to decode Spock's raised eyebrow. Let us see what we can conclude from Kirk's "code." According to Kirk, Spock could have meant: (a) surprise and disbelief; (b) surprise and annoyance; (c) surprise, disbelief and annoyance; (d) annoyance only; or (e) none of the above. Alternatives (a) and (c), since they include "disbelief" as an element of Spock's reaction, suggest the untruth of the rumor, though not conclusively; alternatives (b), (d), and (e) are consistent with either a true or a false rumor. "Surprise" may mean no more than surprise at the existence of the rumor; "annoyance" may mean annoyance at a violation of Kirk's and Spock's privacy. Nor do these meanings exhaust the universe of possible meanings of Spock's raised eyebrow ("usually"). Not only are we still in the dark about the truth of the rumor, but we do not even know how Spock felt when he encountered it. "AS FOR MYSELF, ALTHOUGH I HAVE NO MORAL OR OTHER OBJECTIONS TO PHYSICAL LOVE IN ANY OF ITS MANY EARTHLY, ALIEN AND MIXED FORMS, I HAVE ALWAYS FOUND MY BEST GRATIFICATION IN THAT CREATURE *WOMAN.*" This is the key sentence in Kirk's comment, for it is here that Kirk defines his own sexual tastes and habits. At first glance, one can understand how the casual reader could interpret this sentence as a simple affirmation that Kirk makes love only with women. But this is *not* what the sentence says. The key to the meaning of the sentence is the phase "best gratification." Each word is highly significant. "BEST" is a comparative term (technically, it is a superlative adjective, which requires at least three different items for comparison). For there to be a "best," other items must be available for comparison. Kirk does not say that he receives his *only* gratification from women, merely that women are for him the *most* gratifying sexual partners. Therefore, we can conclude that he has taken sexual partners who are *not* women and received at least some "gratification" from those encounters. The obvious implication is that Kirk has tried at least one, and probably more, of the other forms of "physical love" that he enumerates in the first clause of the sentence. Kirk's choice of the term "GRATIFICATION" to describe his preference for women is also highly significant. In the course of this sentence, Kirk slips inexplicably from the term "physical love" to the considerably narrower term "gratification." While "physical love" is a broad expression connoting the sexual expression of love for another being, "gratitifcation" generally means, in the sexual context, the brue satisfaction of sexual needs. All Kirk has told us is that he finds sex with women more "gratifying," i.e. More effective for achieving physical satiation, than sex with other creatures. He is silent on the other dimensions of "physical love": joy, tenderness, giving, sharing and all the emotional and spiritual dimensions of physical intimacy with a partner for whom one cares deeply. Kirk's abandonment of the concept of "physical love" for the narrower concept of "gratification" when he compares women to other sexual partners suggests that Kirk has deliberately narrowed the issue. By specifying "gratification" as the area in which women are, for him, the "best" partners, Kirk has told us, implicitly, that women are *not* always "best" in all the other dimensions of "physical love" that he has excluded from the arena of comparison. *Expressio unius est exclusio alterius.* By narrowing his focus to this single issue, Kirk has managed to distract us from the *real* question at hand, whether he has had a relationship of physical love with a particular person who is not a woman. If the editor had asked Kirk whether he had had a love affair with Edith Keeler, a skinny brunette, and Kirk had replied obliquely, "I have always found my best gratification in voluptuous blondes," we surely would appreciate the inadequacy of a statement of general erotic preference as an answer to a question about a particular love relationship. Furthermore, we know that Kirk ranks "love" far above "technique" (presumably the source of "gratification") in sexual matters. On page 185 of the novel, Kirk considers the possibility that because of his superior sexual experience, he could seduce the Ilia-probe more effectively than Decker, that is, provide Ilia with a more *gratifying* sexual experience. He rejects that possibility because he knows that Ilia *loves* Decker, and "sexual technique always [comes] out a poor runner-up in any race with love." Given Kirk's own views on the relative unimportance of gratification compared to love, his evasion of a question about "physical love" with an answer to a non-existent question about "gratification" becomes all the more significant. "ALSO, I WOULD DISLIKE BEING THOUGHT OF AS SO FOOLISH THAT I WOULD SELECT A LOVE PARTNER WHO CAME INTO SEXUAL HEAT ONLY ONCE EVERY SEVEN YEARS." Kirk argues that persons who hold this view of Vulcan sexuality would consider him "foolish" if they knew he had a Vulcan sexual partner; he does not tell us whether Vulcans actually *are* functional every seven years, nor whether anyone actually holds this opinion or not. Of course, if Vulcans do happen to be sexually functional at all times and not only once every seven years, there is nothing foolish at all about having a Vulcan lover, and Kirk has merely executed another clever evasive maneuver for our benefit. Kirk does not tell us whether he thinks it would *be* foolish to take Vulcan mate, only that he would prefer not to *look* foolish in the eyes of others. It is highly unlikely that Kirk would refuse to take a Vulcan lover merely because of a false stereotype held by outsiders. He has used a popular (and quote non-canonical) stereotype about Vulcans to conceal his unwillingness to answer the simple question put to him. Indeed, perhaps the most significant fact of all about the footnote is that when the "editor" asked Kirk a simple, straightforward question, he was rewarded, not with a simple, straightforward "yes" or "no," but with a complicated 106-word statement that, when deciphered, manages completely to avoid a straight answer. Has Gene Roddenberry favored us with another example of James Kirk's famous gift of the blarney? But although Kirk has refused directly to answer Roddenberry's question, he has supplied us with some definite statements nonetheless. Let us summarize the information provided in Kirk's comment, the rest of the note, and the text. (1) Spock encountered rumors that he and Kirk were lovers. (2) Spock neither confirmed nor denied these rumors. (3) Kirk has no moral or other objections of physical love in any form. (4) Kirk's most "gratifying" sexual encounters have been with women. (5) Kirk has had sexual relations with someone who is *not* a woman. (6) Kirk considers that woman sexual partners have the advantage over other sexual partners in the area of "gratification," but not in other aspects of "physical love." (7) Kirk considers "love" much more important than "technique" in a sexual relationship. (8) Spock calls Kirk by a Vulcan term that means "friend," "brother," or lover." I leave it to each individual reader to decide whether the weight of the evidence tends to support or deny the possibility of a K/S relationship.
Commentaire de Sam :
Si je résume l'intervenion du personnage de Kirk dans cette fameuse note de bas de page, notre bon Capitaine semble répondre à la question : Spock et vous êtes-vous amants ? comme ceci : "Je n'ai jamais été au courant de cette rumeur d'amants, bien qu'on m'ait dt que Spock l'a entendu plusieurs fois. Apparemment, il l'avait toujours éconduite avec son lever de sourcil droit caractéristique, qui connotait habituellement une certaine combinaison de surprise, d'incrédulité et/ou d'agacement. Quant à moi, bien que je n'ai aucune objection morale ou autre à faire sur l'amour charnel dans ses formes humaines, aliens ou mixtes, j'ai toujours obtenu ma meilleure satisfaction par cette créature : la femme. De plus, je ne voudrais pas qu'on pense que je suis stupide au point de choisir un partenaire qui est en chaleur seulement une fois tous les sept ans." Suis-je la seule à trouver la réponse de Kirk assez évasive et trop indirecte pour répondre de façon claire et tranchée à la question ? En oubliant les ambiguités liées à l'utilisation spécifique des mots en gras, je trouve que Gene n'aurait pas pu nous mettre plus encore dans le doute qu'en formulant une telle réponse. Réfléchissez. Si le créateur de la série avait voulu mettre fin à toutes ces rumeurs concernant le slash, répondre non à la question posée n'aurait pas pu être plus facile. Qui a déjà trouvé la moindre difficulté à répondre non à une question qui concerne le choix de votre partenaire ? Sortez-vous avec cet homme ? Oui. Ou non. S'il s'avère que vous sortez avec lui et que vous ne voulez pas que cela se sache vous répondrez non de façon tout aussi distincte. Laissons de côté l'argument comme quoi Gene aurait maintenu consciemment le doute dans l'unique espoir de ne pas perdre son public slasheur. Le fandom de l'univers de Star Trek est tellement immense et inter-générationnel que les fans purement slasheurs ne représentent pas une fraction assez conséquente pour inquiéter le créateur outre mesure. Le fait qu'il prenne un tel sujet comme l'homosexualité entre ses deux héros principaux et l'insère jusque dans sa novelisation en dit déjà bien assez long... Le slash existe partout mais aucun autre auteur, créateur, producteur ne lui a donné une part aussi importante que Gene. Je mets de côté le slash de la série Supernatural où les héros rencontrent une fan slasheuse de leurs histoires relatées par un prophète qui les écrit sous forme de livres... la mise en abîme est explicite, les fans slasheurs clairement représentés et le sujet abordé avec humour afin de montrer que l'homosexualité entre les deux frères ne relève purement que du fantasme. Gene accorde donc une attention sérieuse au slash enre Kirk et Spock. Maintenant, voyons le deuxième versant de la problématique. Si Gene Roddenberry n'avait pas voulu répondre non à la question mais plutôt oui ? Aurait-il pu le faire de façon aussi claire et tranchée ? Comme il aurait pu choisir de le faire pour une réponse négative ? Il va de soi que non. Le succès de Star Trek et de tout l'univers qui en a découlé est tel qu'il est devenu bien trop important et conséquent pour qu'une telle révélation soit aussi aisée et explicite. Quel fan de Star Wars ne serait pas choqué en apprenant un jour que Luke Skywalker et Yan Solo sont partis en voyage de noce ? A part moi bien entendu ! Mais s'il n'y a aucune ambiguité, ni aucune possibilité pour que les deux héros de Star Wars soient amoureux l'un de l'autre, ce n'est pas le cas de Kirk et Spock (je vous rappelle que Gene lui même a avoué dans une interview qu'il y avait des sous-entendus amoureux entre eux). Donc, la seule façon qu'avait Gene pour nous faire comprendre qu'il y a plus que de la simple amitié entre Kirk et Spock se résume ici par l'affirmation indirecte qu'ils n'ont peut-être jamais couché ensemble (après tout il affirme que l'amour charnel n'a jamais été suggéré dans la série - ne faisant pas mention des films pour autant), et par un démenti flou et bourré d'ambiguité. De mon point de vue, Gene n'aurait pas pu laisser sous-entendre d'une meilleure manière que les rumeurs sur le couple Kirk et Spock ne sont pas si infondées. Si le créateur de la série avait voulu dire oui, c'est exactement comme cela qu'il l'aurait fait.
 

Lorsque Kirk fut interrogé sur les rumeurs concernant le fait que lui et Spock étaient amants, voici ce qu'il a répondu :

« Je n’ai jamais été au courant de cette rumeur d’amants, bien qu’on m’ait dit que Spock l’a entendu plusieurs fois. Apparemment, il l’avait toujours éconduite avec son lever de sourcil droit caractéristique, qui connotait habituellement une certaine combinaison de surprise, d’incrédulité et/ou d’agacement. Quant à moi, bien que je n’aie aucune objection morale ou autre à faire sur l’amour charnel dans ses formes humaines, aliens ou mixtes, j’ai toujours obtenu ma meilleure satisfaction par cette créature : la femme. De plus, je ne voudrais pas qu’on pense que je suis stupide au point de choisir un partenaire qui est en chaleur seulement une fois tous les sept ans. »

Je n'entends pas de « non. »

0 Comments

Leave a Reply

Using Gravatars in the comments - get your own and be recognized!

XHTML: These are some of the tags you can use: <a href=""> <b> <blockquote> <code> <em> <i> <strike> <strong>