Dancing Penises

Les pénis dansants

Les Pénis Dansants était un sketch destiné aux conventions, représenté à l’origine lors de l’une des IDICons (conventions ayant pour thème spécifique le slash et créées en réaction aux restrictions imposées par Shore Leave sur les contenus explicites des œuvres des fans et leur accès aux mineurs) par Kandy Fong et ses ami(e)s : PJ, Carol D. et Donna. Elle fut donnée à nouveau lors de la dernière IDICon en 1986 puis recréée et remixée pour la « soirée en chambre » de K/S Press (petits groupes de fans initiés se réunissant dans des chambres d’hôtel pour lire des fanfics, regarder des fanvids, etc) à la convention Shore Leave de 1997. Il s'agit d'une convention annuelle depuis 1979 qui a lieu à Baltimore. Des photographies de cet événement ont été publiées dans K/S Press numéro 13 (letterzine et reviewzine autour du K/S, édité par presse et mail depuis longtemps, connu pour sa civilité et l’absence de propos injurieux) et une vidéo du sketch a été diffusée durant l’une des Revelcons (conventions annuelles de Houston regroupant une centaine de fans).

Dans Legacy (fanzine contenant des histoires K/S d’auteurs connus et publié en 5 volumes en 2007), Kandy Fong détaille l’histoire du sketch. Son témoignage est publié ici avec des additions de Kandy Fong :

« Aucun de nous n’était un très bon chanteur et le Ciel nous pardonne, nous ne savions pas danser. Donc nous étions assis là, à boire cette bouteille d’un vin vraiment mauvais, et j’ai dit : « Pourquoi ne pas réduire [notre problème] en éléments de base, seulement deux pénis ? ». Alors, je me suis assise et j’ai mis quelques chansons sur mon petit enregistreur à cassettes et je me suis rendue chez un fabriquant de canapés. Je leur ai dit que je voulais faire des costumes de champignons et que j’avais donc besoin de larges morceaux de mousse d’ameublement. Carol D. faisait des miracles avec une machine à coudre. Nous avonsalors fait diverses choses. Pour Kirk, bien entendu, le pénis était rose, et nous avions ces cure-pipes, jaunes et crépus [pour les poils pubiens]. Spock, bien entendu, était vert menthe, et il avait des cure-pipes crépus noirs. C’était assez grand pour être porté par une femme et la partie conique s’adaptait bien à sa tête. J’ai fabriqué un petit trou pour qu'elle puisse s’y agripper sous le costume. Ils [les acteurs] ne pouvaient pas voir devant eux. Ils pouvaient seulement voir le sol et comment sortir de scène mais ils ne pouvaient pas savoir ce qui était autour d’eux. Le costume de Spock possédait deux crêtes (inspirées de l’art de Gayle). Les glands étaient sculptés dans  la mousse et les triques étaient en tissu. Les deux costumes avaient des ballons de plage gonflables couverts de tissu qui représentaient les testicules. Ceux de Spock étaient « internes » jusqu’au moment où il voyait Kirk approcher de lui.

Nous avons ensuite pris l’avion jusqu’à Houston jusqu'à très tard dans la nuit. Il n’y avait aucun taxi sauf un type qui avait l’air vraiment sale. Nous avions transporté ces costumes dans l’avion dans une grande boîte de réfrigérateur pour les amener ici. Les triques étaient en tissu et les testicules pouvaient se dégonfler, mais les glands étaient en mousse solide recouverte de tissu et ils étaient énormes. L'homme nous a alors dit : « Je peux pas prendre ça dans mon taxi, demoiselle ». Et j’ai répliqué : « Ok, très bien, alors on les sort et on les met dans le coffre de la voiture. » Nous sommes ainsi allées à l’hôtel, au milieu de la nuit… Je les ai ensuite mis sur mon épaule et je me suis dirigée vers le bureau de l’entrée où j’ai pris ma chambre, avec ce gros costume de pénis qui reposait sur mon épaule.

Enfin, nous avons été sur scène et, Dieu merci, Dixie avait une caméra et elle a effectivement enregistré le sketch. Il commençait avec Spock simplement recroquevillé au centre de la scène avec comme musique de fond : « Je suis un roc, je suis une île ». Il est alors recroquevillé sur lui-même. Et on entend tout à coup la musique « Macho Man ». Kirk surgit, bondissant à travers la scène et Spock fait un cri ressemblant à « Huuuuhhh ? » et « regarde » Kirk. La musique « Je veux te désirer, je veux que tu me désires » commence alors et les deux pénis se mettent à se frotter l’un contre l’autre. Et lors de leur érection complète, nous avons passé comme musique l’ « Ouverture 1812 » (musique composée par Tchaïkovski en 1882, elle commémore la victoire russe contre Napoléon et on entend effectivement des coups de canon à la fin). Ils se cognent alors l’un contre l’autre et à la fin, j’ai attrapé deux pleines mains de bonbons translucides que j’ai jetés en l’air avant que Kirk et Spock ne s’effondrent l’un sur l’autre. »

Comment les fans s'en souviennent

Dans The K/S Press, numéro 4 (1996) : « A la dernière convention Shore Leave, plusieurs d’entre nous étaient assis aux pieds d’une Trekkeuse de longue date qui nous a raconté comment se passaient les choses durant les anciennes conventions K/S « du temps des débuts ». L’une des saynètes représentées impliquait des costumes de pénis adorablement colorés (l’un d’un vieux-rose osé et l’un d’un séduisant vert olive toujours populaire) interagissant dans une danse pleine de vivacité sur une musique qui ne l’était pas moins, jusqu’à ce que la danse et les pénis en arrivent à un point orgastique tout à fait logique »

Dans K/S Press, numéro 12 (1997) : « Le clou de la soirée devait être le fameux sketch des « Pénis dansants » ! C’était une idée qui venait de ce qui avait été représenté à une convention K/S il y a plusieurs années. En fait, cette fois, l’idée venait de C.D. (elle est extrêmement modeste) et elle y a investi tellement de travail, c’était incroyable. Cette femme a dessiné et cousu ces énormes costumes toute seule, elle les a adaptés aux acteurs, elle a fait la cassette de la musique d’accompagnement, les répétitions et la chorégraphie. C’est tout simplement une femme exceptionnelle. Le spectacle était hilarant. [Nom modifié] jouait le pénis de Kirk et son entrée était drôle et effrayante car elle a cogné dans un grand écran en se dirigeant vers le pénis de Spock, joué par [nom modifié]. La simple vue de ce pénis rose géant bondissant sur les accords de « Macho Man » avait conquis tout le monde. Et le pénis géant à la double-crête, assis tristement tout seul sur la musique de « Je suis un roc » était si drôle. Mais la meilleure partie était leurs érections et leurs orgasmes excités au son de l’ « Ouverture 1812 » ! De simples mots ne peuvent décrire combien tout ceci était drôle. Ces deux énormes pénis, entortillés, érigés et rampants, en train de danser, valaient le coup d’œil. Bravo à C.D. ! J’aurais aimé pouvoir vous dire son nom car elle mérite d’être récompensée pour ce dur travail. Mais beaucoup d’entre vous savent de qui nous parlons. Mais deux autres bravos vont [deux noms modifiés] qui déploraient leur destin d’avoir été volontaires pour faire ça et qui transpiraient à l’intérieur de leurs costumes en chaleur, qui ont été victimes de trac avant la représentation et qui ont joué (pour ainsi dire) merveilleusement ! »

Dans The K/S Press, numéro 13 : « Personne jusque-là n’a mentionné le pépin technique qui a marqué l’ouverture du sketch des Pénis Dansants. Nous devions demander à tout le monde de fermer les yeux pendant que les organes en question se mettaient en position, puis nous allions démarrer la cassette avec la musique. Mais la musique n’était pas correctement arrêtée et tout le monde étaient réellement en train de comprendre, et dans le noir, pendant que nous réparions le problème…Le sketch a commencé sur « Je suis un roc » de Simon et Garfunkel, pendant que Spock s’étiolait sous le coup d’une tristesse désintéressée. Puis Kirk est entré, plein de désinvolture, au son de « Macho Man » des Village People. Personne ne bouge et ne tortille ces épaules désinvoltes comme [nom modifié] ne le fait ! Et, hé, devinez quoi, Spock s’est ragaillardi un petit peu ! Puis les gars ce sont balancés l’un près de l’autre pendant le « Baby, je te désire » de Bread, frottant à l’occasion, ah, leurs glands et d’une autre manière exprimant les émotions les plus élevées. Cela a généré un intérêt considérable et une augmentation en longueur et a donné de l’énergie au mouvement durant « Soyons physiques ». Finalement, l’événement a atteint son point culminant et sa conclusion la plus logique, durant l’ « Ouverture de la Guerre de 1812 ». »

En 1996, Sandy Herrold a envoyé le message suivant à la liste de mails de Virgule-L (première liste de mails destinée à faciliter les échanges entre fans de slash) : « Morgan Dawn nous rend visite, et nous passons un moment délicieux avec elle. Qu’est-ce que cela a à voir avec le sujet, demanderez-vous ? Eh bien, nous avons ressorti quelques vieilles vidéos sonores la nuit dernière et nous avons regardé, pour la première fois depuis des lustres, les Pénis Dansants de Revelcon. Deux fans dans des costumes de pénis de taille humaine, l’une couleur chair, l’une verte (bien entendu), sur une musique de circonstance (comme « Physique ») finissant d’une façon assez classique avec un merveilleux, devrais-je dire, orgasme, se terminant avec les deux se froissant l’un sur l’autre, repus (et sans aucun doute épuisés dans leurs lourds costumes). C’est absolument hilarant, et un autre bon exemple de combien, nous les fans, nous sommes doués pour nous divertir quand nous essayons. »

Merci à Alma pour sa traduction !

Source : Fanlore

Les Pénis Dansants étaient un sketch destiné aux conventions, représenté à l’origine lors de l’une des IDICons (conventions ayant pour thème spécifique le slash et créées en réactions aux restrictions imposées par Shore Leave sur les contenus explicites des œuvres des fans et leur accès aux mineurs) par Kandy Fong et ses ami(e)s : PJ, Carol D. et Donna. Elle fut donnée à nouveau lors de la dernière IDICon en 1986 puis recréée et remixée pour la « soirée en chambre » (petits groupes de fans initiés se réunissant dans des chambres d’hôtel pour lire des fanfics, regarder des fanvids, etc.) de K/S Press à la convention Shore Leave (convention annuelle depuis 1979 qui a lieu à Baltimore et qui a imposé des restrictions, avec d’autres conventions, sur les contenus explicites à destination d’un public majeur) de 1997. Il y a eu des photographies de cet événement dans K/S Press (letterzine et reviewzine autour du K/S et édité par presse et mail depuis longtemps et connu pour sa civilité et l’absence de propos injurieux) numéro 13 et une vidéo du sketch a été diffusée durant l’une des Revelcons (conventions annuelles de Houston regroupant une centaine de fans).

1 Comment

One Response

  1. ettoile dit :

    XD ça à l’air quand même bien particulier tout ça.
    Mais merci pour cet article. On apprend pleins de choses sur ce site, c’est génial~

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