Captain Sam’ Logs

Bienvenue dans ce petit recoin de la galaxie K/S, réservé exclusivement à la bibliothèque slash personnelle que j'aimerais partager avec vous... Je vous présenterai ici les différents ouvrages que j'ai la chance de pouvoir me procurer sur le slash K/S, majoritairement (voire exclusivement ?) anglophones, et les impressions que ces petites perles m'ont laissées. Si vous avez été amené à lire des ouvrages, articles, thèses et autres sur le sujet qui ne figurent pas parmi les oeuvres présentées, je vous invite à en parler ici même et à partager vos avis et critiques avec nous ! Bonne lecture à bord,

Live Long and Proper Capitaine Sam

 

One index finger on the mouse scroll bar and the other on my clit

Voici le nom étrange et percutant de la thèse de Kelly Simca Boyd, datant de 2001 pour un volume de 166 pages annexes incluses, signifiant littéralement « Un index sur le curseur de la souris et l'autre sur mon clitoris ». Vous pouvez la télécharger gratuitement sur le site Simon Fraser Université. L'oeuvre retrace le point de vue des écrivains de fanfictions slash sur la pornographie, la censure, le féminisme et les risques liés. Dans sa thèse, l'écrivain a pris contact avec différents auteurs de fanfictions slash K/S, bien souvent les tous premiers écrivains de l'époque, et nous propose ainsi la genèse et un historique non exclusif de la prolifération des fanfics K/S dans le monde. Cette thèse est très intéressante à lire car elle apporte des éléments pionniers de l'univers K/S. Pour n'en citer que quelque uns afin d'illustrer ma présentation, l'auteure nous apprend ainsi que la première étude académique du genre a été écrite par Joanna Russ dans un essai de 1985 « Another Addict raves about K/S », publié dans le fanzine anglais Home#8. Cet essai sera suivi l'année suivante par un article intitulé « Romantic Myth, transcendence and ST Zines » de Patricia Frazer, Lamb et Diana L.Veith. Plusieurs articles/essais/études se succèdent les années suivantes et l'auteure dessine ainsi une magnifique bibliographie retraçant la construction du tout premier fandom slash sur Kirk et Spock. Plus qu'un simple listing des oeuvres sur le sujet (ce qui est déjà en soi une véritable source de richesse pour les explorateurs du K/S comme moi), elle nous offre une étude sociologique sur les auteurs de fanfictions (à travers un questionnaire élaboré par ses soins, nous apprenons ainsi que les auteurs/lecteurs de fanfictions K/S regroupent 95% de femmes, 47% de 18/29 ans, 52% étant bi/homo - là, je vois certains haussement de sourcils - 68% d'américains et j'en passe...). Cette thèse regroupe également les différentes représentations du slash K/S que peuvent avoir à la fois les auteurs des premières fanfictions du genre, mais également les points de vue des académiciens en la matière. Des interprétations politiques et sociales en passant par la simple écriture érotique comme émancipation jusqu'aux débats entre l'érotisme et la pornographie, Kelly Simca Boyd nous relate les différents enjeux derrière ce phénomène ayant pris racine dans les années 60/70. C'est tout un recueil des différentes perceptions du genre que nous offre l'auteure et dans lequel chacun reconnaîtra sa propre inspiration. Je citerai pour ma part l'une des réponses apportées au questionnaire de l'auteure et qui illustre parfaitement ma propre vision de l'écriture K/S : « When I'm writing slash, I'm writing about Love - in its purest form » (p81). Sachant que l'oeuvre date de  2001, il est plus que probable que certaines données et représentations du slash K/S ne soient plus à jour. J'aime voir dans cette thèse le prémisse d'une étude plus poussée et plus contemporaine (la dernière étude en ma possession datant de 2011). Je vous invite à la lire et par là même à remplir un questionnaire traduit et mis en ligne  à cette adresse afin d'établir une nouvelle typographie sociologique des fans K/S francophones !

 

The Context of Intimacy : Della Van Hise and Her Interpretative Community

Le titre cité ci-dessus représente le chapitre 5 de l'oeuvre d'Elizabeth Woledge, intitulé « Intimacy between men in modern women's writing » (l'intimité entre hommes dans la littérature féministe moderne), écrit en août 2005. Vous pouvez télécharger gratuitement ce chapitre, ainsi que le reste de l'oeuvre, sur le site de l'University of Chester. Comme le titre l'indique, l'auteure analyse ici la construction de ce qu'elle nomme l' « intimatopic » (l'intimité comme sujet d'étude) à travers le slash K/S et la perception de ces auteurs et lecteurs. Elle définit ici l'écriture de fanfiction comme un genre littéraire d'émancipation d'un univers de base dont les personnages sont reconceptualisés dans l'intérêt des fans (« K/S fictions re-encodes its source material »). Alors que des écrivains comme Henry Jenkins (qui analyse le K/S comme une critique moderne de la masculinité), Camille Bacon Smith (K/S analysé comme catharsis de souffrances émotionnelles réelles), ou Constance Penley (K/S comme représentation d'une utopie féministe), l'auteure se distingue des deux approches académiques générales concernant le K/S (pornographique ou romantique) pour nous proposer une 3ème forme d'analyse : celle d'un slash tiré de la construction d'une Intimité ambigüe entre hommes. Son analyse est, à mon sens, la plus juste et la plus précise sur ce qui a créé le slash K/S et qui l'anime encore aujourd'hui. Son étude se base sur l'appropriation et le réencodage d'un univers/personnages/relations et qui se cristallise par la profonde connexion entre amour, amitié et intimité (qui se révèle être la définition du terme vulcain T'hy'la créé par Gene Roddenberry pour désigner la relation entre Kirk et Spock). Ainsi, la relation amicale entre Kirk et Spock est indissociable du slash K/S. En somme, la représentation féminine idéale de l'amour percevant les amants comme étant également des meilleurs amis (Mary, auteure de fics, dans K/S Press : « The most important factor in the K/S sexual relationship is the K/S friendship »). Le plus grand intérêt des fans se concentrerait majoritairement sur la façon dont l'amitié se développe en amour à partir d'un contexte mettant en scène des codes gestuels ambigüs : ces « casuals touches », « eye contact » qui connotent une grande proximité physique doublée d'une dépendance émotionnelle forte entre les deux personnages (tout ce qui relève du partage des émotions et sentiments et qui possède un fort potentiel d'interprétation romantique). Par ce biais, l'auteure s'attache à démontrer que les fans K/S n'inventent pas un univers à côté de celui créé par G. Roddenberry mais qu'ils l'interprètent à partir d'éléments existants qui permettent de le faire. La relation érotique au sens du slash K/S se construit ainsi sur une relation amicale établie et la mise en scène d'une relation sexuellement consommée représente l'exploration à un niveau plus profond d'une intimité réciproque et exclusive (les fusions mentales entre Kirk et Spock comme unité de corps et d'esprit, l'isolation sociale entre hommes sur le vaisseau, les romances féminines brèves et sans lendemain....). Face à l'essor de cette interprétation de la relation K/S, l'auteure nous apprend que le créateur de la franchise lui-même finit par placer une telle relation comme l'essence de toute son oeuvre : « I definitely designed it as a love relationship. And I hope that for men [...] who have been afraid of such relationship [...] that they (Kirk and Spock) would encourage them to be able to feel love and affection, true affection [...] friendship and deep respect » (G. Roddenberry, 1975) et que cette « profound relationship [...] a love relationship [...] could be considered the essence of Star Trek » (G. Roddenberry, 1991). Enfin, l'auteure finit par se pencher sur la réédition du roman Killing Time de Della Van Hise, écrivain à la fois de romans Star Trek officiels (=canons) et de fanfictions slash K/S, dont la première édition fut stoppée après que la Paramount fut interpellée par un lecteur informant que l'auteure était impliquée dans l'écriture d'histoires slash. Le roman fut au final peu modifié et seules quelques indications de contacts physiques furent enlevées, témoignant de la vision étroite de la relation romantique entre deux personnages purement caractérisée par des gestes physiques d'affection (une main sur une épaule, un bras...). L'auteure de cette oeuvre nous offre une vision qui pour moi sonne comme la plus juste et la plus respectueuse de ce que je pense du K/S et de ce que je peux déceler chez la plupart des auteurs et lecteurs de ces histoires. Elle ne peut bien entendu s'appliquer à toutes les fanfictions K/S mais à une très grande majorité, c'est certain. Le questionnaire utilisé dans son étude a été traduit et est disponible à cette adresse pour ceux qui veulent participer à une étude des fans francophones ! Je finirai mon commentaire par quelques citations de l'auteure empruntées à des morceaux de fanfictions K/S que je trouve magnifiques et qui méritent d'être partagées dans leur langue maternelle :

« He calls my name, breathlessly. I grasp his shoulders moving against him. This is the logical extension of everything we are. It is, on a deeper lever, the same rhythm with which for years we have walked ships' corridors at night. Or the way we moved, pacing each other, on Organia. » (S.R. Benjamin, LeMatya Lessons)

« From the beginning, Spock had given him loyalty and devotion that surpassed what duty and his Starfleet oath required. Kirk had blindly thought it was because they were friends as well as a team. But thinking back on it now, he realised just how much Spock did for him. How protective he was, how willing to do anything Kirk wanted. How many times had he shielded Kirk with his mind, with his body ? How many times had he stood up for his captain, even against Starfleet ? What could it be but love ? » (Deanna Gray)

The Strange Case of Female Cross-Voyeurs ?

Cette thèse écrite par Carola Katharina Bauer est l'une des études les plus récentes parlant du slash K/S. Vous pouvez commander son livre sur le site anglais d'Amazon pour la somme de 48.55 euros (127 pages, annexes incluses). L'oeuvre s'attache à étudier le monde du slash et du Boy's Love (yaoi au Japon) dans sa globalité et plus particulièrement les différentes études qui ont été menées sur le sujet. Elle constitue en elle-même un genre de méta-narration des débats et thèses déjà publiées depuis les années 1970. Le thème du slash K/S apparaît dans cette oeuvre à partir du chapitre 4 dédié aux débats sur la communauté des écrivains/lecteurs de fanfictions slash. Bien que l'auteure repasse par la case départ du développement du K&S (amitié) au K/S (amour) et de son expansion sur le web (blogs, forums, RPG, sites de fanfictions comme celui moins connu d'Adultfanfiction.net...), elle se penche surtout sur les études menées sur les fanfictions slash et le besoin d'étiqueter et de comprendre les femmes écrivant et lisant ce genre de fiction. Trois périodes semblent se dessiner dans ses recherches : celle des années 1970 à 1980 avec des auteurs comme Joanna Russ (« Pornography by Women for Women, with Love » 1985), Patricia Frazer Lamb et Diana Verth (« Romantic Myth, transcendence and Star Trek zines » 1986), incrivant le K/S dans un contexte politique de combat contre les violences sexuelles faites aux femmes. Le K/S est ici étudié comme un mécanisme de substitution de la propre sexualité féminine sublimée (Spock ayant bien souvent des caractéristiques féminines et Kirk représentant l'icône masculine type). Elle s'appuie sur la difficile étude du genre Hurt/Confort des fanfictions slash (violences, sadomasochisme) qui remettent en cause le combat de ces auteurs de distinguer le slash K/S de toute notion pornographique considérée comme masculine. Elle problématise la conception du sexe selon une vision féminine (érotique) qui s'enferme dans sa propre marginalisation, et celle masculine (pornographique) perçue comme dévalorisante et intolérante vis à vis du sexe homme/homme apprécié des femmes. La seconde période englobe les années 1980 à 1990 avec des écrivains tels qu'Henry Jenkins (« Textual Poachers » 1992), Constance Penley et Camille Bacon-Smith et leurs études sur la transformation d'un contexte « homosocial » tel que l'univers de Star Trek et les missions de plusieurs années dans l'espace en un contexte « homosexual » mettant en scène une relation homosexuelle consommée entre Kirk et Spock. Le K/S est considéré ici comme une véritable réécriture (véritable sanctuaire de l'interprétation féministe) permettant l'émancipation des femmes de la vision masculine d'une relation sentimentale et sexuelle (le genre Hurt/Confort des fanfictions permet alors le partage de la souffrance de ces femmes-victimes). Ce système de réappropriation de l'univers Star Trek devenu alors la source de nouveaux débats sur les différences entre la « high literature » (originale) et la « popular literature » (celle des fans, considérée comme inférieure). L'auteure s'attache également à pointer la vision stéréotypée et sexiste des auteures/lecteurs de K/S établie depuis les années 70 comme étant des femmes seules (célibataire, divorcée), souvent au foyer, au physique désavantageux ne permettant pas de relation sentimentale IRL (In Real Life) ou vierge... La troisième période se situe dans les années 2000 jusqu'à aujourd'hui. Malgré le bouleversement opéré par l'arrivée du World Wide Web (net - www) dans le fandom K/S et sa diffusion, très peu d'études ont été menées depuis sur le sujet. L'auteure établit par ce biais le principal problème du statut ambigü des slasheuses (consommatrice/écrivain/auteur de K/S) souffrant d'un enfermement tenace en tant que sous-littérature étrange et perverse.

The Final Frontier is Queer 

Chapitre de P.J Falzone que vous pouvez visualiser sur le site JSTOR. En cours de lecture.

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Decoding Desire : From Kirk and Spock to K/S

 D'Elizabeth Woledge (p235 à 250). Vous pouvez le commander sur le site Tandfonline pour la somme de 28 euros. En attente d'achat...

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Produits dérivés

Voici une liste non exhaustive des produits dérivés du slash K/S que l'on peut trouver sur internet : Bijoux       Prix : 17,04 €     Source : Etsy           Prix : 22,47 €     Source : Etsy           Prix : 15,49 €     Source : Etsy           Prix : 17 €     Source : Café Presse     Décoration       Prix : 43,05 €     Source : Fineart America             Prix :  Selon taille de l'affiche ou du sticker mural     Source : Café Presse              Prix :  15,10 €     Source : Society6       Accessoires _ Tapis de souris     Prix : en attente d'offre     Source : Ioffert       _ Porte cigarettes     Prix : 21,17 €     Source : Ioffert       _ Montre     Prix : 20,42 €     Source : Ioffert (version plaqué or ici)       _ Coque Iphone _ Prix :  26,43 €     Source : Society6       _ Motif pour sac à main      Prix :  16,61 €     Source : Society6  
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Closer (Vidéo Star Trek)

Closer (Vidéo Star Trek)

Titre : Closer
Créateur : TJonesy et Killa
Date : 2004
Format : Vidéo digitale
Durée : 3:28 minutes
Musique : Closer par Nine Inch Nails
Genre : Montage, slash
Fandom : Star Trek : La Série Originale
Séquences : ST:TOS, porno inconnu
URL : Closer sur Youtube
 

Closerest une vidéo Star Trek K/S sur le Pon Farr qui pose cette question : « Que se serait-il passé s’ils n’avaient pas pu atteindre Vulcain à temps ? » Closer fut montrée pour la première fois à la “Shore Leave” de 2004, une convention Star Trek,[1]est devenue un phénomène viral en 2006[2]  et fut l’objet de discussions innombrables sur Internet comme étant un exemple de « context collapse » [le fait que la vidéo ait dépassé l’audience restreinte des fans de Star Trek K/S pour atteindre grâce à Internet une audience beaucoup plus large et prendre de ce fait une portée nouvelle].[3][4][5][6]

    La video elle-même  

La vidéo présente une version alternative d’un célèbre épisode de la Série Originale : « Amok Time », l’épisode qui a introduit le concept de pon farr. Dans la vidéo, Spock subit le plak tow [la fièvre du sang] (le stade final du pon farr) alors qu’il est toujours à bord de l’Enterprise et suite à cela, il viole Kirk. La vidéo n’est pas seulement montée sur la chanson de Nine Inch Nails “Closer”, elle reproduit également les tons sépia du clip original de NIN. L’effet combiné des séquences retenues, du choix musical et du filtre de couleurs crée un contraste aigu avec le style sympathique et daté de la série télévisée.

  Phénomène viral  

Quand la vidéo fut téléchargée sur Youtube par un tiers[7], la tradition vidding [fans qui réalisent des vidéos en rapport avec leur passion] de ses origines n’est pas apparue à la plupart de ceux qui l’ont regardée. Ainsi, quelques commentaires qui furent publiés sur la vidéo dans des cercles de non-fans furent radicalement différents de la façon dont la vidéo fut interprétée par les fans de vidding. Pourtant, elle fut extrêmement populaire autant parmi les fans que les non-fans. A la fin de 2011, la vidéo sur Youtube recensait plus de 1 628 000 vues, 9 000 notes et 4 000 commentaires.[2]

  Réactions  

Beaucoup de blogueurs et d’Internautes eurent des discussions ou furent liés à la vidéo sans comprendre son contexte d’origine. Les commentaires sur Youtube présentent un large panel de réactions : de liens vers l’article de Wikipédia sur le slash à des suppositions selon lesquelles les créateurs étaient des artistes masculins de mashup [œuvre, souvent musicale, qui est créée à partir de différents extraits, souvent de genres contrastés], à la révulsion ou l’amusement. La vidéo a été téléchargée sur Youtube au moins deux fois et est assez célèbre pour que les gens en plaisantent comme devant être également présentée aux Powers That Be [ceux qui ont un contrôle de création ou un contrôle légal sur un produit médiatique] :

La plus célèbre des fanvids qui soit est une vidéo Spock/Kirk montée sur le Closer de Nine Inch Nails, basée sur l’épisode Amok Time. Cette vidéo a obtenu un accueil favorable général et est à présent considérée comme canonique. Elle a été diffusée durant la convention Star Trek de 2008 à Las Vegas, avec des commentaires sur le vif apportés par William Shatner.[8]

 

D’autres commentaires montraient une culture de fandom [communauté de fans] bien plus importante, bien que souvent, ils n’avaient pas conscience que les créateurs n’avaient pas publié la vidéo ou que publier les vidéos d’une autre personne sur Youtube pourrait être désapprouvé par une partie de la communauté :

 

Wouah. Cette vidéo est à la hauteur de sa réputation. Les gens sur Slashcast [podcasts de nouvelles de la communauté slash Harry Potter] parlent TOUT LE TEMPS de cette vidéo.[9]

 

A T.Jonesy et Killa, si un jour vous voyez ça : je suis trop jaloux – non seulement vous pouvez tous les deux écrire de façon phénoménale, mais vous êtes également des créateurs de vidéos EPOUSTOUFLANTS ! J’aime les scènes, la couleur sépia, tout. La sensation est en fait tellement réaliste et animale, que c’est incontestablement un changement par rapport aux vidéos K/S habituelles. Vous êtes fantastiques, les gars.[10]

 

La vidéo inspira également des fans qui comprenaient parfaitement bien son contexte. Closer v.2 est un remake et une réaction en forme de réponse utilisant des séquences avec Kirk et Spock tirées du film de 2009.[11] Téléchargée par son créateur et non par un tiers, elle explique non seulement son contexte et ses liens avec la fanfic [histoire de fiction écrite par un fan] du créateur mais elle nomme dans le générique d’autres créateurs de vidéos. Le créateur résume cela par : “Un remake du classique original” (faisant apparemment référence à la vidéo Closer originale mais également applicable aux deux sources).

Le blog vidéo The Ship's Closet [le Placard du Vaisseau] aurait utilisé la chanson Closer pour l’ouverture de son épisode Amok Time, et la vidéo aurait figuré sur Fandom Secrets [communauté où l’on peut anonymement publier ses plus grands secret de fandom].[12]

  Références
  1. Ensemble de test vidéos bien utilisées (Accès 29 juillet 2010)
  2.  2.0 2.1 Closer sur Youtube (Accès 18 octobre 2008)
  3.  Vidéo musicale Kirk/Spock slash boingboing, 11 septembre 2006 (Accès 18 octobre 2008)
  4.  Jim! — Spock!— I Want To Feel You From the Inside! [Je veux te sentir dans tes entrailles] dans la revue de Susie Bright. Publié le 11 septembre 2006. (Accès 24 décembre 2011.)
  5. Henry Jenkins : Comment regarder une vidéo de fan, 18 septembre 2006 (Accès 29 juillet 2010) Jenkins dit : « ’’Closer," comme d’autres fanvids, fut construite comme faisant partie d’une conversation que les artistes fans étaient en train d’avoir avec le texte original, avec ses auteurs, avec les autres fans, et avec eux-mêmes, alors que la vidéo quand elle est vue hors de son contexte paraît singulière et unique. Ou inversement, la vidéo est lue de façon symptomatique – si l’on veut, pour tous les fans de Star Trek quand en fait, elle emprunte dans un sens et casse dans l’autre, les normes de cette communauté ».
  6.  Coppa, Francesca. 2008. Les femmes, Star Trek, et les premiers développements du fannish viddingTravaux et cultures transformatifs, no. 1. Coppa parle brièvement d’une interprétation erronée de la vidéo par un critique musical comme un exemple de critique musicale.
  7.  Republier une vidéo de divertissement réalisée par quelqu’un d’autre est courant dans la communauté Youtube, mais cela est mal vu par la communauté vidding [fans qui réalisent des vidéos en rapport avec leur passion].[1]
  8.  Article Fanfiction sur Cracked.com. (Accès 24 décembre 2011.) Le commentaire fait référence à une convention réelle. On ne sait pas exactement si Shatner a vraiment fait une apparition cette année-là ou si quelqu’un y aurait diffusé des vidéos slash, mais quelques fans ont pris l’humour de Cracked.com au pied de la lettre comme l’indiquent les commentaires sur les copies de la vidéo sur Youtube.
  9.  Commentaire de MidnaRules2. Publié en 2009. (Accès le 24 décembre 2011.)
  10.  Commentaire de aidennestorm. Publié en 2009. (Accès 24 décembre 2011.)
  11.  Closer v.2 par sparringett sur Youtube. Publié le 23 mai 2009. (Accès 24 décembre 2011.)
  12.  D’après un commentaire sur Youtube publié en 2009. (Accès 24 décembre 2011.)
 

Source : Closer (Star Trek Vid)  et Traduction : Alma 

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Peinture faciale

Voici une vidéo de l'artiste James Kuhn ayant peint les visages de Kirk et Spock sur le sien... vidéo assez perturbante mais quel réalisme !

 
 

 

Source

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Dancing Penises

Les pénis dansants

Les Pénis Dansants était un sketch destiné aux conventions, représenté à l’origine lors de l’une des IDICons (conventions ayant pour thème spécifique le slash et créées en réaction aux restrictions imposées par Shore Leave sur les contenus explicites des œuvres des fans et leur accès aux mineurs) par Kandy Fong et ses ami(e)s : PJ, Carol D. et Donna. Elle fut donnée à nouveau lors de la dernière IDICon en 1986 puis recréée et remixée pour la « soirée en chambre » de K/S Press (petits groupes de fans initiés se réunissant dans des chambres d’hôtel pour lire des fanfics, regarder des fanvids, etc) à la convention Shore Leave de 1997. Il s'agit d'une convention annuelle depuis 1979 qui a lieu à Baltimore. Des photographies de cet événement ont été publiées dans K/S Press numéro 13 (letterzine et reviewzine autour du K/S, édité par presse et mail depuis longtemps, connu pour sa civilité et l’absence de propos injurieux) et une vidéo du sketch a été diffusée durant l’une des Revelcons (conventions annuelles de Houston regroupant une centaine de fans).

Dans Legacy (fanzine contenant des histoires K/S d’auteurs connus et publié en 5 volumes en 2007), Kandy Fong détaille l’histoire du sketch. Son témoignage est publié ici avec des additions de Kandy Fong :

« Aucun de nous n’était un très bon chanteur et le Ciel nous pardonne, nous ne savions pas danser. Donc nous étions assis là, à boire cette bouteille d’un vin vraiment mauvais, et j’ai dit : « Pourquoi ne pas réduire [notre problème] en éléments de base, seulement deux pénis ? ». Alors, je me suis assise et j’ai mis quelques chansons sur mon petit enregistreur à cassettes et je me suis rendue chez un fabriquant de canapés. Je leur ai dit que je voulais faire des costumes de champignons et que j’avais donc besoin de larges morceaux de mousse d’ameublement. Carol D. faisait des miracles avec une machine à coudre. Nous avonsalors fait diverses choses. Pour Kirk, bien entendu, le pénis était rose, et nous avions ces cure-pipes, jaunes et crépus [pour les poils pubiens]. Spock, bien entendu, était vert menthe, et il avait des cure-pipes crépus noirs. C’était assez grand pour être porté par une femme et la partie conique s’adaptait bien à sa tête. J’ai fabriqué un petit trou pour qu'elle puisse s’y agripper sous le costume. Ils [les acteurs] ne pouvaient pas voir devant eux. Ils pouvaient seulement voir le sol et comment sortir de scène mais ils ne pouvaient pas savoir ce qui était autour d’eux. Le costume de Spock possédait deux crêtes (inspirées de l’art de Gayle). Les glands étaient sculptés dans  la mousse et les triques étaient en tissu. Les deux costumes avaient des ballons de plage gonflables couverts de tissu qui représentaient les testicules. Ceux de Spock étaient « internes » jusqu’au moment où il voyait Kirk approcher de lui.

Nous avons ensuite pris l’avion jusqu’à Houston jusqu'à très tard dans la nuit. Il n’y avait aucun taxi sauf un type qui avait l’air vraiment sale. Nous avions transporté ces costumes dans l’avion dans une grande boîte de réfrigérateur pour les amener ici. Les triques étaient en tissu et les testicules pouvaient se dégonfler, mais les glands étaient en mousse solide recouverte de tissu et ils étaient énormes. L'homme nous a alors dit : « Je peux pas prendre ça dans mon taxi, demoiselle ». Et j’ai répliqué : « Ok, très bien, alors on les sort et on les met dans le coffre de la voiture. » Nous sommes ainsi allées à l’hôtel, au milieu de la nuit… Je les ai ensuite mis sur mon épaule et je me suis dirigée vers le bureau de l’entrée où j’ai pris ma chambre, avec ce gros costume de pénis qui reposait sur mon épaule.

Enfin, nous avons été sur scène et, Dieu merci, Dixie avait une caméra et elle a effectivement enregistré le sketch. Il commençait avec Spock simplement recroquevillé au centre de la scène avec comme musique de fond : « Je suis un roc, je suis une île ». Il est alors recroquevillé sur lui-même. Et on entend tout à coup la musique « Macho Man ». Kirk surgit, bondissant à travers la scène et Spock fait un cri ressemblant à « Huuuuhhh ? » et « regarde » Kirk. La musique « Je veux te désirer, je veux que tu me désires » commence alors et les deux pénis se mettent à se frotter l’un contre l’autre. Et lors de leur érection complète, nous avons passé comme musique l’ « Ouverture 1812 » (musique composée par Tchaïkovski en 1882, elle commémore la victoire russe contre Napoléon et on entend effectivement des coups de canon à la fin). Ils se cognent alors l’un contre l’autre et à la fin, j’ai attrapé deux pleines mains de bonbons translucides que j’ai jetés en l’air avant que Kirk et Spock ne s’effondrent l’un sur l’autre. »

Comment les fans s'en souviennent

Dans The K/S Press, numéro 4 (1996) : « A la dernière convention Shore Leave, plusieurs d’entre nous étaient assis aux pieds d’une Trekkeuse de longue date qui nous a raconté comment se passaient les choses durant les anciennes conventions K/S « du temps des débuts ». L’une des saynètes représentées impliquait des costumes de pénis adorablement colorés (l’un d’un vieux-rose osé et l’un d’un séduisant vert olive toujours populaire) interagissant dans une danse pleine de vivacité sur une musique qui ne l’était pas moins, jusqu’à ce que la danse et les pénis en arrivent à un point orgastique tout à fait logique »

Dans K/S Press, numéro 12 (1997) : « Le clou de la soirée devait être le fameux sketch des « Pénis dansants » ! C’était une idée qui venait de ce qui avait été représenté à une convention K/S il y a plusieurs années. En fait, cette fois, l’idée venait de C.D. (elle est extrêmement modeste) et elle y a investi tellement de travail, c’était incroyable. Cette femme a dessiné et cousu ces énormes costumes toute seule, elle les a adaptés aux acteurs, elle a fait la cassette de la musique d’accompagnement, les répétitions et la chorégraphie. C’est tout simplement une femme exceptionnelle. Le spectacle était hilarant. [Nom modifié] jouait le pénis de Kirk et son entrée était drôle et effrayante car elle a cogné dans un grand écran en se dirigeant vers le pénis de Spock, joué par [nom modifié]. La simple vue de ce pénis rose géant bondissant sur les accords de « Macho Man » avait conquis tout le monde. Et le pénis géant à la double-crête, assis tristement tout seul sur la musique de « Je suis un roc » était si drôle. Mais la meilleure partie était leurs érections et leurs orgasmes excités au son de l’ « Ouverture 1812 » ! De simples mots ne peuvent décrire combien tout ceci était drôle. Ces deux énormes pénis, entortillés, érigés et rampants, en train de danser, valaient le coup d’œil. Bravo à C.D. ! J’aurais aimé pouvoir vous dire son nom car elle mérite d’être récompensée pour ce dur travail. Mais beaucoup d’entre vous savent de qui nous parlons. Mais deux autres bravos vont [deux noms modifiés] qui déploraient leur destin d’avoir été volontaires pour faire ça et qui transpiraient à l’intérieur de leurs costumes en chaleur, qui ont été victimes de trac avant la représentation et qui ont joué (pour ainsi dire) merveilleusement ! »

Dans The K/S Press, numéro 13 : « Personne jusque-là n’a mentionné le pépin technique qui a marqué l’ouverture du sketch des Pénis Dansants. Nous devions demander à tout le monde de fermer les yeux pendant que les organes en question se mettaient en position, puis nous allions démarrer la cassette avec la musique. Mais la musique n’était pas correctement arrêtée et tout le monde étaient réellement en train de comprendre, et dans le noir, pendant que nous réparions le problème…Le sketch a commencé sur « Je suis un roc » de Simon et Garfunkel, pendant que Spock s’étiolait sous le coup d’une tristesse désintéressée. Puis Kirk est entré, plein de désinvolture, au son de « Macho Man » des Village People. Personne ne bouge et ne tortille ces épaules désinvoltes comme [nom modifié] ne le fait ! Et, hé, devinez quoi, Spock s’est ragaillardi un petit peu ! Puis les gars ce sont balancés l’un près de l’autre pendant le « Baby, je te désire » de Bread, frottant à l’occasion, ah, leurs glands et d’une autre manière exprimant les émotions les plus élevées. Cela a généré un intérêt considérable et une augmentation en longueur et a donné de l’énergie au mouvement durant « Soyons physiques ». Finalement, l’événement a atteint son point culminant et sa conclusion la plus logique, durant l’ « Ouverture de la Guerre de 1812 ». »

En 1996, Sandy Herrold a envoyé le message suivant à la liste de mails de Virgule-L (première liste de mails destinée à faciliter les échanges entre fans de slash) : « Morgan Dawn nous rend visite, et nous passons un moment délicieux avec elle. Qu’est-ce que cela a à voir avec le sujet, demanderez-vous ? Eh bien, nous avons ressorti quelques vieilles vidéos sonores la nuit dernière et nous avons regardé, pour la première fois depuis des lustres, les Pénis Dansants de Revelcon. Deux fans dans des costumes de pénis de taille humaine, l’une couleur chair, l’une verte (bien entendu), sur une musique de circonstance (comme « Physique ») finissant d’une façon assez classique avec un merveilleux, devrais-je dire, orgasme, se terminant avec les deux se froissant l’un sur l’autre, repus (et sans aucun doute épuisés dans leurs lourds costumes). C’est absolument hilarant, et un autre bon exemple de combien, nous les fans, nous sommes doués pour nous divertir quand nous essayons. »

Merci à Alma pour sa traduction !

Source : Fanlore

Les Pénis Dansants étaient un sketch destiné aux conventions, représenté à l’origine lors de l’une des IDICons (conventions ayant pour thème spécifique le slash et créées en réactions aux restrictions imposées par Shore Leave sur les contenus explicites des œuvres des fans et leur accès aux mineurs) par Kandy Fong et ses ami(e)s : PJ, Carol D. et Donna. Elle fut donnée à nouveau lors de la dernière IDICon en 1986 puis recréée et remixée pour la « soirée en chambre » (petits groupes de fans initiés se réunissant dans des chambres d’hôtel pour lire des fanfics, regarder des fanvids, etc.) de K/S Press à la convention Shore Leave (convention annuelle depuis 1979 qui a lieu à Baltimore et qui a imposé des restrictions, avec d’autres conventions, sur les contenus explicites à destination d’un public majeur) de 1997. Il y a eu des photographies de cet événement dans K/S Press (letterzine et reviewzine autour du K/S et édité par presse et mail depuis longtemps et connu pour sa civilité et l’absence de propos injurieux) numéro 13 et une vidéo du sketch a été diffusée durant l’une des Revelcons (conventions annuelles de Houston regroupant une centaine de fans).

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Fanlore

Voici des traductions faites par Alma de certains articles relatifs au slash K/S disponibles sur la page Fanlore :

Version Française :
L’histoire du K/S Les fondements du K/S ont été posés en réalité par Isaac Asimov en collaboration avec quelques-uns des créateurs de Star Trek, dont Robert Justman et Gene Roddenberry lui-même. Selon Justman dans Inside Star Trek : The Real Story [Au cœur de Star Trek : La véritable histoire], le Capitaine Kirk avait été destiné dès le début à être le point d’attraction, le personnage central de la série, et William Shatner était payé en conséquence, mais la réaction des fans à M. Spock était bien plus importante. Afin de ramener l’attention des spectateurs vers le Capitaine, Roddenberry demanda [qu’on lui propose] des idées. Dans une lettre, reproduite dans Inside Star Trek, Isaac Asimov suggérait que les scénarios et les acteurs devraient montrer les deux hommes en train de devenir des amis proches, y compris des incidents où ils se sauvent la vie mutuellement. De cette manière, quand les spectateurs penseraient à Spock, ils penseraient aussi à Kirk, et ils penseraient beaucoup de bien de lui parce que Spock le faisait. Asimov suggérait également que l’on donne à Kirk des intrigues intéressantes, par exemple : résoudre des mystères, se déplacer incognito, etc. Les auteurs du livre ne parlent pas du tout de fan fiction [histoires écrites par les fans], encore moins de K/S, mais il est possible que ce soit là ce que les fans ont repris à leur compte au moment où ils commençaient à spéculer sur le fait de savoir à quel point ils [Kirk et Spock] étaient proches.Dans le numéro de novembre 1975 de Warped Space, il y avait une histoire qui fit parler les gens. Un(e) fan écrit dans le letterzine [magazine conçu comme un forum de discussion pour les fans] The Halkan Council n° 20/21 : « En considérant le débat biaisé [oblique : indirect ou déviant, peut-être un jeu de mots sur « oblique » : / = slash] qui circule parmi certains d’entre nous depuis que Warped Space a publié « To Need a Friend » [« Besoin d’un ami »] – parlons ouvertement de cette chose débile [« the premise », c’est-à-dire « l’hypothèse » slash]. Je doute sincèrement qu’il y ait ou puisse y avoir une relation sexuelle entre aucun des membres du trio Kirk/Spock/McCoy. En tenant compte du fait que McCoy garde la morale des gentlemen de l’ancienne école, que Kirk recherche les femmes de façon compulsive, ET que Spock marque de la réticence pour les relations d’ordre physique, cela me semble plutôt improbable. Le seul des trois que je pourrais éventuellement imaginer dans cette espèce de relation serait Kirk – et seulement si son immense intérêt pour le sexe opposé était une couverture (déjà pour lui-même) pour cacher son intérêt envers les autres hommes. Mais dans tous les cas, je doute que [son choix] serait Spock. » En octobre 1976, Shelter de Leslie Fish sortit dans Warped Space n° 20. Shelter fut la première véritable histoire slash dans le fandom [la communauté des fans]. (Ce fut aussi la première cave story [« histoire de grotte »] – un genre qui a perdu de l’importance à présent, mais qui fut un jour très populaire : si rien d’autre ne marche, abandonnez-les sans ressources près d’une grotte confortable, et tout s’arrangera bien). Tiré d’un numéro de Interstat n°12 (octobre 1978) : Susan Sackett, l’assistante personnelle de Gene Roddenberry, écrit : « A ce que je comprends, il existe, quelque part dans la communauté des fans, des fanzines [magazines édités par les fans] qui dépeignent avec subtilité et même ouvertement une relation homosexuelle entre Kirk et Spock. Aucun de ceux qui en écrivent n’a jamais eu le courage d’en envoyer une au bureau de Gene Roddenberry. Ce qui me surprend, c’est que personne ne dit jamais pourquoi ces deux personnages, se comportant comme des hétérosexuels en apparence, devraient être les seuls à bord à être impliqués dans ce genre de relation [amoureuse]. Après tout, qui sait qui nous aurions pu faire fraterniser à bord de l’Enterprise. Qu’en est-il de Sulu et de Chekov ? Ils sont assis côte à côte et s’observent beaucoup, vous savez. Ou qu’en est-il d’Uhura et de Chapel ? Avec Spock qui se consume pour n’importe qui (avec un peu de chance Chapel) tous les sept ans et sans aucun mec noir en vue pour Uhura, qu’est-ce qui les empêche de se chercher tous les deux ? Bones et Scotty ? Il nous reste l’assistante [yeoman] Rand. YeoMAN [yeo-HOMME]. Vous saisissez l’allusion ? D’ailleurs elle n’est pas vraiment certaine de son hétérosexualité. Au final, nous savons pourquoi le contrôle des naissances est si efficace sur l’Entreprise. Nous avions déjà les années ’90 Gay [Homo]. On se souviendra probablement de cette décennie dans l’Histoire comme les années ’70 Gay – et cela fait un bien considérable finalement dans l’aide apportée à la reconnaissance des homosexuels et au travail pour leur libération. Ils [Kirk et Spock] n’ont tout simplement pas été créés comme des personnages homosexuels. Pourquoi essayer de les changer ?... La bonne littérature Star Trek écrite par les Fans devrait être strictement BASEE SUR STAR TREK. C’est tout simplement logique. [Cette lettre est suivie de la déclaration : « Ces commentaires reflètent mon opinion personnelle, pas forcément celle de Gene Roddenberry ou celle du studio »]. « L’Hypothèse » [The Premise] Alors que les histoires au sujet de Kirk et Spock amants commençaient à voir le jour, les discussions à la fois pour et contre le K/S apparurent dans les letterzines [magazines conçus comme des forums de discussions pour les fans] et les lettercols. La controverse dans son entier fut appelée de façon non officielle « the premise» [l’hypothèse, la supposition, le principe, etc.], comme dans : « Je ne crois pas à « l’hypothèse », mais je n’ai rien contre ceux qui y croient » ou « Je ne peux pas comprendre comment tous les bons auteurs ont pu commencer à écrire sur  « l’hypothèse » ». L’expression fut utilisée par les deux camps tout au long de la fin des années ’70. Quelques réactions des fans de la première heure Tiré d’Implosion, n°5 (1977) : « Je suis plutôt surpris(e) de constater que d’autres personnes sont surprises de la controverse qui entoure ALT. Il était, après tout, le premier magazine qui traitait en profondeur d’un sujet qui était fait pour mettre beaucoup de gens mal à l’aise pour le moins, à cause de raisons théoriques (l’idée de l’homosexualité) et spécifiques (Kirk et Spock font CA ?). Je suppose qu’avec l’accent important mis sur la relation Kirk/Spock, au cours de cette dernière année plus ou moins, le sujet était inévitable, compte tenu surtout du climat actuel – si quelqu’un l’a remarqué, c’est aussi l’Année de l’Homosexualité à la télévision ». « Nous ne sommes pas homosexuels, simplement, nous nous aimons » ou « Le Gen Fan [fan qui lit des histoires non-slash] inconscient ». Tous les fans ne sont pas d’accord pour dire que la relation étroite qu’ils voient à l’écran entre le Capitaine Kirk et M. Spock se traduit par une relation sexuelle. Comme K.S. Langley le soutient, les fans perçoivent souvent une intimité physique dans ce qui est principalement une intimité émotionnelle. Et parce que le slash est dans l’œil de celui qui le voit, aucune position ne peut se référer au canon pour trouver de preuve définitive : « …certains des premiers débats au sujet du K/S, quand les fans de K/S se référaient à des exemples d’intimité physique et/ou émotionnelle comme des « preuves » du slash, et que ceux qui n’étaient pas partisans du K/S (et les anti-K/S) répliquaient que l’intimité physique et/ou émotionnelle n’est pas nécessairement une preuve de relation sexuelle/romantique. Et, fan de K/S que j’ai toujours été, je suis d’accord avec cela. Avec Kirk et Spock, Starsky et Hutch, et d’innombrables autres « duo », les amitiés épiques, etc., vous vous attendriez aussi à voir une telle intimité. Maintenant, vous pouvez lancer l’affaire et dire que de tels niveaux d’intimité ne plaident certainement pas « contre » la possible extrapolation d’une relation slash, mais, en soi et par soi, cela ne peut pas constituer une « preuve » définitive non plus. » Comme preuve de la nature subjective de ce qu’est et n’est pas le K/S, elle poursuit en disant : « Par exemple, je me souviens d’une lettre très émouvante de Spock à McCoy dans un autre magazine, dans laquelle Spock écrivait qu’il aimait McCoy. Il ne l’entendait pas de façon romantique. Il n’était pas inhabituel pour les gen writers [auteurs d’histoires non-slash] (à l’époque ou aujourd’hui) d’intégrer des choses comme celles-là dans leurs histoires. Ils ne le percevaient pas comme du slash, et ils ne l’intégraient pas comme étant du slash. » L’âge d’or du K/S 1979-1980 [choix de date retenu par la traductrice] Star Trek – Le film est sorti et plus important peut-être pour les fans de K/S, est sortie aussi son adaptation littéraire par Gene Roddenberry. A l’intérieur, il inventa un nouveau mot pour décrire la relation Kirk/Spock, en disant que Spock envisageait Kirk comme étant son t’hy’la, un mot vulcain qui, nous dit la note, peut signifier « ami », « frère » ou « amant ». Les fans de K/S l’ont pris comme une justification canonique, après tout Roddenberry n’était pas obligé d’inclure « amant » dans la définition. Etrangement, ceux qui ne sont pas partisans du K/S ont fréquemment essayé de l’utiliser comme « preuve » que nous avions tort.
Version Originale :
K/S History « The foundations for K/S were actually laid by Isaac Asimov along with some of the Star Trek creators, including Robert Justman and Gene Roddenberry Himself. According to Justman in Inside Star Trek: The Real Story, Captain Kirk had been intended from the beginning as the central, focal character in the series, and William Shatner was paid accordingly; but fan response to Mr. Spock was much greater. In order to turn audience attention back toward the Captain, Roddenberry asked for ideas. In a letter reprinted inInside Star Trek, Isaac Asimov suggested that the scripts and actors should show the two men becoming close friends, including incidents where they save each other's lives. That way, when viewers thought of Spock, they would also think of Kirk, and they would think highly of him because Spock did. Asimov also suggested that Kirk be given lots of intriguing, interesting things to do, e.g. solving mysteries, going incognito, etc.[1] The book's authors do not speak of fan fiction at all, let alone K/S; but it is possible that this is what fans picked up on as they began to speculate about just how close they were ».In the November 1975 issue of Warped Space, there was a story that got people talking. A fan writes to the letterzine The Halkan Council #20/21: "Regarding the oblique debate that has been floating around among some of us since Warped Space printed "To Need a Friend" -- let's get the silly thing out in the open. I sincerely doubt if there is or could be a sexual realtionship between any of the Kirk/Spock/McCoy trilogy. Considering McCoy's old-fashioned gentlemen's morals, Kirk's compulsive pursuit of women, AND Spock's disinclination for physical relationships, it seem rather unlikely to me. The only of the three I could possibly imagine in that sort of relationship would be Kirk -- and only if his vigorous interest in the opposite sex was a cover-up (even to himself) of interest in other men. But in either case, I doubt if it would be Spock." In October 1976, Shelter by Leslie Fish came out in Warped Space 20. Shelter was the first true first time slash story in fandom. (It was also the first cave story -- a genre that has receded in importance now, but was once very popular: if nothing else works, strand them on a planet with a nearby cozy cave, and everything will work out fine.) From an issue of Interstat #12 (October 1978): Susan Sackett, Gene Roddenberry's personal assistant, writes: "It is my understanding that there exist, somewhere in fandom, fanzines with subtly and even openly portray a homosexual relationship between Kirk and Spock. No one who has written one has ever had the courage to send one to Gene Roddenberry's office. What surprises me is that no one has ever mentioned why these two apparently straight-appearing characters should be the only ones on board in this kind of relationship. Why, who knows who we might have fraternizing aboard the Enterprise. How about Sulu and Chekov? They sit together and see a lot of each other, you know. Or how about Uhura and Chapel? WIth Spock in heat for anyone (hopefully Chapel) every seven years, and and with no black dudes in sight for Uhura, what's to stop them from digging each other? Bones and Scotty? That leaves Yeoman Rand. YeoMAN. Get it? Even she's not too sure of her straightness. At last we know why there's such good birth control on the Enterprise. We already had the Gay 90's. This decade will probably go down in history as the Gay 70's -- and it has done considerable good in helping to at last recognize gays and to work for their liberation. They just weren't created as gay characters. Why try to change them?... Good Star Trek Fan literature should be accurately be BASED ON STAR TREK. It's only logical." [This letter is followed by the statement, "These comments reflect my personal opinion, not necessarily that of Gene Roddenberry or the studio."] « The Premise » As the stories about Kirk and Spock as lovers started to appear, conversations both for and against K/S appeared in Trek letterzines and lettercols. The entire controversy was unofficially titled "the premise", as in "I don't believe in 'the premise', but I don't mind those who do" or "I can't stand how all the good writers have started writing about 'the premise'." The phrase was used by both sides throughout the late '70s. Some Early Fan Reactions From Implosion #5 (1977): "I'm rather surprised that other people are surprised at the controversy surrounding ALT; it was, after all, the first zine to deal at length with a top that was bound to make a lot of people uncomfortable at the very least, for the threoretical (the idea of homosexuality) and specific (Kirk and Spock are doing THAT?) reasons. I suppose that with the great emphasis on the Kirk/Spock relationship, in the last year or so, the topic was inevitable, especially given the current climate -- if anyone has noticed, this is also been the Year of the Gay on television." "We're Not Gay, We Just Love Each Other" or the "Oblivious Gen Fan" Not all fans agree that the close relationship they see on the screen between Captain Kirk and Mr Spock translates into a sexual one. As K.S. Langley argues, fans are often reading physical intimacy into what is mainly an emotional intimacy. And because slash is in the eye of the beholder, neither position can point to canon for definitive proof: ...some of the earliest debate about K/S, when the K/S fans would point to instances of physical and/or emotional intimacy as "proof" of the slash, and the non-K/Sers (and anti-K/Sers) would respond that physical and/or emotional intimacy is not necessarily proof of a sexual/romantic relationship. And, K/S fan that I've always been, I agree with that. With Kirk and Spock, Starsky and Hutch, and countless other "buddy pairings," epic friendships, etc. you also would expect to see such intimacy. Now, you can make a case that such levels of intimacy certainly don't argue *against* the possible extrapolation of a slash relationship, but, in and of itself, it cannot be taken as definitive "proof" either." As evidence of the subjective nature of what is and is not "K/S" she goes on to say: "For example, I recall a very moving letter from Spock to McCoy in another zine, in which Spock wrote that he loved McCoy. He did not mean it romantically. It was not unusual for gen writers (then or now) to include things like that in their stories. They didn't see it as slash, and they didn't include it as slash." The K/S Golden Age 1979-1980 Star Trek: The Motion Picture came out, and perhaps more importantly for K/S fans, so did the novelization by Gene Roddenberry. In it, he coined a new word for the Kirk/Spock relationship, saying that Spock thought of Kirk as his t'hy'la, a Vulcan word that, the footnote tells us, can mean "friend," "brother" or "lover." K/S fans took it as canonical justification; after all Roddenberry didn't have to include "lover" in the definition. Strangely, non-K/Sers frequently tried to use it as "proof" that we were wrong.

Source : History of K/S Fandom

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Gay, lesbienne et bisexuel dans Star Trek

Ceci est une traduction faite par Laurent de la page d'accueil d'un site intitulé Gay, Lesbian & Bisexual Star Trek qui traite de l'échec de la franchise dans son ensemble à représenter la diversité sexuelle chez les êtres humains alors qu'elle s'est toujours revendiquée progressiste.

Personnages gays, lesbiens et bisexuels dans Star Trek

Une saga de 12 années de tromperies, de mensonges, d'excuses et de promesses non tenues.

La série originale Star Trek des années 60 est encore fameuse pour son premier baiser interracial qui a bousculé les conventions. Mais 30 ans plus tard, Star Trek n'a pas fait un pas de plus en avant. Les combats contre le racisme et les inégalités homme-femme ayant été gagné dans l'ensemble, le combat des gays et des lesbiennes est devenu le dernier bastion pour l'égalité des droits civiques. La télévision s'est ajusté aux changements d'attitude par rapport à l'homosexualité, en éliminant les stéréotypes les plus insultants dans un premier temps, puis en incluant des personnages principaux gays, lesbiens ou bisexuels dans un second temps. Soap avait un personnage gay en 1977, Dynasty en 1981 et Melrose Place en 1992. Puis vint Ellen en 1997 qui a ouvert la porte aux protagonistes gays. Rapidement, cela a mené au premier sitcom dont les personnages principaux n'étaient pas attirés par les femmes (Will & Grace) et le premier baiser romantique diffusé en prime-time entre deux adolescents mâles (Dawson's Creek).

Et où en est Star Trek ? Embourbé dans les années 60, produisant des épisodes antiracistes (« Far Beyond the Stars » dans DS9), s'imaginant progressiste en ayant une femme capitaine de vaisseau et maintenant un embargo non écrit ni déclaré contre tout personnage n'ayant pas une préférence exclusive pour le sexe opposé. La série télévisée si fière de sa diversité continue à ne pas vouloir inclure de personnage gay, lesbien ou bisexuel et renvoie donc un message particulièrement offensant. L'absence de personnage non-hétérosexuel n'est une offense en soi, c'est l'absence de tels personnages combiné avec la prétention et l'arrogance d'imaginer une société évoluée, si ce n'est idéale. Le message est le suivant : « vous n'êtes pas supposés exister. Dans une société parfaite, vous n'existeriez pas. »

L'échec de Star Trek dans sa représentation de la diversité des orientations sexuelles chez les êtres humains (et je ne parle même pas des aliens) n'est bien sûr qu'un symptôme d'un problème plus large qui a miné la franchise (ainsi qu'une majorité de la science-fiction grand public) depuis sa création. L'Encyclopedia Britannica définie la science-fiction comme une « forme de fiction développée au cours du XXème siècle qui traite principalement de l'impact de sciences existantes ou imaginées sur la société ou des individus. »

La science-fiction grand public n'a pas souvent été à la hauteur de cette définition, sauf dans sa signification la plus superficielle. Elle n'a pas considéré le fait historique que les changements d'ordre technologique affectent les conventions sociales et culturelles. Prenons un exemple, la famille nucléaire « traditionnelle » (père, mère, deux enfants ou plus) qui, selon les conservateurs remontent à l'aube des civilisations, est le produit de la révolution industrielle du XIXème siècle. La notion de mariage comme un union basé sur l'amour (au lieu de liens économiques et d'arrangement parental) provient du libéralisme radical du XIXème siècle. À son meilleure, la science-fiction extrapole cette co-évolution de la science et de la société du futur, que cela soit dans l'utopie ou la dystopie. À son moins reluisant, la SF transplante juste nos contemporains et leurs valeurs dans un futur high-tech. Un futur dans lequel – pour emprunter quelques idées des années 50 – « la mère » utilise un robot alimenté à l'énergie atomique pour nettoyer la maison et « le père » se rend à son travail en voiture-fusée.

Quand on en vient à la répartition des rôles, à l'identité et à l'orientation sexuelle des hommes et des femmes, Star Trek a une tendance déplorable à faire partie de la seconde catégorie. Les personnages principaux de la série originale sont trois hommes. Les personnages secondaires consistent en quatre hommes et une seule femme, Uhura, dont le travail se rapproche de la secrétaire idéale, devant s'occuper des coups de téléphone version XXIIIème siècle. Il y a deux personnages féminins réguliers en position de subordonnées : l'infirmière Christine Chapel et le quartier-maître Janice Rand (quartier-maître est un terme de la Navy pour désigner un officier de second rang avant tout responsable du travail de bureau.)

The Next Generation avait une femme chef de la sécurité, mais elle est morte à la moitié de la première saison, laissant seulement deux personnages féminins travaillant dans des professions médicales. Ce parti-pris traditionnel de la répartition des rôles et de l'identité sexuelle est parfois mitigé par des apparitions de femmes fortes en capitaines, amirales ou scientifiques, mais également renforcé par des stéréotypes. Dans « Coming of Age », Wesley passe un examen d'admission à Starfleet comportant des questions scientifiques. Lui et son ami masculin obtiennent une très bonne note, tandis qu'une fille humaine échoue lamentablement, et se sent obligé de confesser combien elle trouve ce genre de questions difficile. « In Theory » montre Data s'engageant dans une relation amoureuse avec une femme de l'équipage dont l'irrationalité et l'instabilité émotionnelle puisent dans les clichés attribués aux femmes, et « The Perfect Mate » et « Man of the People » montrent des femmes (mais pas des hommes) utilisées en tant qu'objets par les autres.

Les tentatives pour briser la barrière des genres sont timides, peu enthousiastes, espacées et irrégulières. Le polymorphisme sexuel de Q (« Si j'avais su, je serais apparu en femme ») est bon pour les plaisanteries, mais n'a jamais été exploré sérieusement. Le matriarcat de « Angel One » reste une anomalie dans une galaxie largement patriarcale. Lorsque l'amant alien du Dr. Crusher change de sexe, Crusher panique et met fin à la relation abruptement. La prétendue société asexuée des J'Nai a été joué uniquement par des actrices femmes, sous une lumière très négative, et avec une telle ambiguïté que les spectateurs hétéro ne ne se sont même pas aperçu que l'épisode était censé contenir un message anti-homophobie. Dans « Liaisons », un alien mâle travestit en femme s'engage dans une relation amoureuse avec Picard, mais aucune trace d'émotion ne subsiste lorsqu'il reprend sa forme d'origine. Les sociétés aliens avec plus de deux sexes différents ne sont jamais explorées en détail. Dans l'ensemble, les sociétés aliens partagent les mêmes normes sexuelles que l'Amérique de la fin du XXème siècle sur la planète Terre. Ce qu'on retient en particulier : les sentiments, les relations ou les mariages entre personnes du même sexe sont inexistantes ou complètement invisibles, laissant croire aux spectateurs homophobes que, dans le futur, l'homosexualité a été « soignée ».

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Henry Jenkins

L'universitaire Henry Jenkins a réalisé une étude sur la scène de la mort de Spock dans le deuxième film de Star Trek - Star Trek II : The Wrath of Khan (La colère de Khan) pour donner une définition du Slash :

Version Française :
« Lorsque j'essaie d'expliquer ce qu'est le slash à des non-fans, je fais souvent référence au moment dans Star Trek II: The Wrath of Khan où Spock est en train de mourir et Kirk se tient devant lui, une vitre séparant ces deux amis de longue date. Les deux tendent le bras l'un vers l'autre, leurs mains pressées durement contre la vitre, essayant d'établir un contact physique. Ils ont tous les deux tant à se dire et si peu de temps pour le faire. Spock appelle Kirk son "ami", l'expression la plus entière de leurs sentiments de toute la série. Presque tout le monde regardant cette scène ressent la passion partagée par les deux hommes, la soif pour quelque chose de plus que ce qui leur est autorisé. Et, dis-je à mes non-fans qui m'écoutent, le slash est ce qui se passe lorsque vous enlevez la vitre. La vitre, pour moi, est souvent davantage social que physique ; la vitre représente ces aspects masculins traditionnels qui empêchent l'expression des sentiments ou l'intimité physique entre hommes, qui bloque la possibilité d'une veritable amitié masculine. Le slash est ce qui se passe lorsque vous enlevez ces barrières et imaginez à quoi ressemblerait un nouveau genre d'amitié masculine. L'un des aspects les plus enthousiasmant du slash est de nous apprendre à reconnaître les signes d'un attachement émotionnel sous les masques par lesquels la culture masculine traditionnelle cherche à refouler ou cacher ces sentiments." -- Henry Jenkins, "Confessions d'un homme fan de slash", SBF 1, mai 1993. »
Traduite par Laurent
Version Originale :
« When I try to explain slash to non-fans, I often reference that moment in Star Trek: The Wrath of Khan where Spock is dying and Kirk stands there, a wall of glass separating the two longtime buddies. Both of them are reaching out towards each other, their hands pressed hard against the glass, trying to establish physical contact. They both have so much they want to say and so little time to say it. Spock calls Kirk his friend, the fullest expression of their feelings anywhere in the series. Almost everyone who watches that scene feels the passion the two men share, the hunger for something more than what they are allowed. And, I tell my nonfan listeners, slash is what happens when you take away the glass. The glass, for me, is often more social than physical; the glass represents those aspects of traditional masculinity which prevent emotional expressiveness or physical intimacy between men, which block the possibility of true male friendship. Slash is what happens when you take away those barriers and imagine what a new kind of male friendship might look like. One of the most exciting things about slash is that it teaches us how to recognize the signs of emotional caring beneath all the masks by which traditional male culture seeks to repress or hide those feelings." -- Henry Jenkins, "Confessions of a Male Slash Fan," SBF 1, May 1993 »

Source : Gender and sexuality

Une étude sur le trés connu clip fait par des fans : "Closer" (que vous pouvez visualisez et télécharger ici), a aussi été faite par Henry Jenkins pour expliquer l'univers des fanvids.

Version Française :
Comment regarder une fanvid ? Je suis toujours fasciné lorsque que du "contenu" partant de la base commence à gagner de l'élan et devient plus visible aux yeux du public. Ces dernières semaines, j'ai observé une lame de fond d'intérêt pour une fanvid de Star Trek sur la chanson "Closer" de Nine Inch Nails. [...] Je me demande si ce clip en particulier aurait généré le buzz qu'il a eu s'il ne comportait pas la chanson de Nine Inch Nails. Les images tendances et dégrossies du clip contrastent énormément avec ce que les gens attendent des créations de fans de Star Trek. Dans la mythologie populaire, les Trekkers sont des geeks, pas des rockers. Les premières fanvids auraient pu confirmer de nouveau ces stéréotypes : les chansons les plus utilisées avaient un rythme lent et sonnaient mal, il s'agissait de pop, pas de rock, bien que les artistes aient expliqué ce choix en raison des difficultés de faire des montages rapides avec les outils qu'ils avaient à leur disposition. Ces fans ayant adopté de nouveaux outils numériques, la vitesse globale des fanvids a augmenté. Ça et l'émergence d'une jeune génération de fans berçée dans les musiques alternatives ont élargi le panel de chanson. Nous voyons bien plus de chansons agressives trouver leur chemin dans la culture des fans. [...] "Closer" a tendance à être considérée au sein du fandom comme une "réalité fabriquée" en vidéo -- c'est à dire qu'elle crée une nouvelle histoire en assemblant des plans de la série originale, au lieu de les utiliser simplement pour interpréter ou fournir une perspective émotionnelle différente sur des évènements déjà racontés dans les épisodes diffusés. Ces œuvres de "réalités fabriquées" sont extrêmement rares car elles sont très difficiles à bien réaliser. [...] "Closer", tout comme d'autres fanvids, a été construite comme un dialogue entre les créateurs de la vidéo, le texte original, ses auteurs, d'autres fans et eux-mêmes, tandis que la vidéo vue en dehors de ce contexte paraît singulière et unique. Inversement, la vidéo est interprété de façon symptomatique -- comme si elle parlait pour tous les fans de Star Trek alors qu'en réalité, elle emprunte autant à la communauté qu'elle n'en brise certains principes. [...] Lorsque j'ai regardé pour la première fois la vidéo "Closer", j'ai été frappé par le haut pourcentage de plans utilisés qui faisaient en fait partis du vocabulaire d'auteurs de fanvids d'il y a quinze ans. Ne me croyez pas sur parole -- voyez-donc les photographies de "I Needed You" de MVD (NdT : auteur de fanvids) que j'ai reproduites sur les pages 240 à 243 de Textual Poachers. Presque toutes apparaissent dans "Closer". [...] Le titre d'ouverture de "Closer" pose la question suivant : "Que se serait-il passé s'ils n'étaient pas arrivé à Vulcain à temps." Ce titre fait allusion à la tradition spécifique des histoires basées sur le Pon Farr. Le Pon Farr est la saison des amours vulcaine qui a lieu tous les sept ans et qui est très déstabilisante (elle peut rendre les vulcains fous ou les tuer s'ils n'arrivent pas à rejoindre leur planète et leur compagne). Ce concept provient d'un épisode de la série originale, "Amok Time", un classique écrit par l'écrivain de science-fiction Theodore Sturgeon. Beaucoup des premières histoires K/S utilisaient le Pon Farr comme procédé pour faire coucher Kirk et Spock ensemble. Kirk surmonterait certainement ses inhibitions à propos des rapports sexuels entre hommes s'il le faisait pour sauver la vie de son ami. Le slash devenant plus accepté, il y eut beaucoup moins d'histoires avec le Pon Farr ; les personnages ne sont plus perçus comme requérant des situations extrêmes pour les faire coucher ensemble. Donc, en adoptant le cadre du Pon Farr, "Closer" rend hommage aux mères fondatrices du slash. Les histoires avec le Pon Farr suggèrent souvent de la violence sexuelle -- comme dans "Closer" -- un thème qui reste très controversé au sein des communautés de fans. Je suis sûr que les images de sévices sexuels (tirées spécifiquement de l'usage de la fusion mentale vulcaine dans la série originale, accompagnées de paroles à propos de "violation", "désacralisation" et "pénétration") sont la raison pour laquelle certaines personnes non-fan ont trouvé cette vidéo particulièrement sinistre. La vidéo est sinistre pour de nombreux fans parce qu'elle suggère fortement un viol. L'un des aspects frappant de "Closer" est son atmosphère angoissante -- créée en partie par le choix de la bande son, en partie par l'affichage irrégulier et granuleux des images, et en partie par la sélection des images qui appuient sur la distance émotionnelle, plutôt que la proximité, des deux protagonistes. Les fans ont un terme, "ose", qui capture sa qualité émotionnelle. Le terme provient de l'expression "ose and more ose" (NdT: jeu de mot avec "morose"). [...] Pour moi, "Closer" possède une sorte de distance -- malgré toute l'angoisse existentielle -- qui la met à part des autres fanvids. Il s'agit peut-être, et cela serait ironique, de la raison pour laquelle beaucoup ont adhérer à l'esthétique de cette œuvre en particulier sans être fan de Star Trek. Beaucoup de fanvid sont passionnées, celle-ci est raisonnée. Encore du porno ? L'un des autres aspects frappant de "Closer" est l'insertion d'images pornographiques au sein des scènes prélevées dans la série originale. J'ai déjà vu cette pratique (plutôt rare) parmi certains auteurs de fanvids, mais historiquement, ces vidéos explicites ne circulaient pas en dehors des communautés de fans, donc voir cette pratique à la vue de tous était frappant. Cela illustre peut-être comment les choses ont évolué alors que le slash et les fanvids ont pénétré sur Internet. De nouvelles personnes ont été attirées par cette forme de création à un rythme qui empêchait la communauté de leur inculquer leurs normes. Les vieux tabous se brisent à droite à gauche aux yeux de tous, d'une manière qui consternerait d'anciens fans qui avaient leurs raisons d'éviter une telle exposition publique. [...] "Closer" montre assez bien que ces fan artists peuvent produire des interprétations originales à travers la manipulation et la recontextualisation de ces images. Quoi que vous en disiez, "Closer" a un message à faire passer à propos de la source originale.
Traduite par Laurent
Version Originale :
How to Watch a Fan-Vid I am always fascinated when some bit of bottom-up generated "content" starts to get momentum and gain greater public visibility. This past few weeks, I have been observing a ground-swell of interest in a Star Trek fan video set to Nine Inch Nails's "Closer." [...] The Aesthetics of Fan Music Videos I wonder if this particular song video would have generated the buzz that it has if it was not set to the music of Nine Inch Nails. The urban cool and the rough-hewn images of this video contrast sharply with people's expectations about the aesthetics of Star Trek fan art. In popular mythology, Trekkers are geeks, not rockers. The earliest fan music videos might have reconfirmed those stereotypes: the most commonly used songs were slow-paced and sappy, pop not rock, though artists explained this was in part because of the difficulty of doing rapid edits using the tools that they have had at their disposal. As these fans have embraced new digital tools, the overall pace of fan made videos has quickened. This, and the emergence of a younger generation of fans with taste for alternative music, has broadened the choice of songs. We are seeing many more hard-edged songs find their way into fan culture. [...] "Closer" is apt to be understood within fandom as a "constructed reality" video -- that is, it creates a new story by linking together shots from the original series as opposed to using those shots simply to interpret or provide an alternative emotional perspective on events already depicted in the aired episodes. Such "constructed reality" works are extremely rare because they are so difficult to do well. [...] "Closer," like other fanvids, was constructed as part of a conversation which the fan artists were having with the original text, with its authors, with other fans, and with themselves, whereas the video as seen outside of this context seems singular and unique. Or conversely, the video is read symptomatically -- as speaking for all Star Trek fans when in fact, it borrows in some ways and breaks in others from the norms of this community. Recurring Images [...] When I first watched the "Closer" video, I was struck by what a high percentage of the shots used there were part of the vocabulary of fan music video producers of fifteen years ago. Don't believe me -- check out the photographs from MVD's "I Needed You" which I reproduced on pages 240-243 of Textual Poachers. Almost all of them appear in "Closer." [...] How Far to Pon Farr? The opening title to "Closer" asks "What if they hadn't made it to Vulcan on time." This title references a specific tradition of pon farr stories. Pon Farr is the Vulcan mating season which occurs every seven years and is deeply disabilitating (can drive people insane or kill them if they do not make it back to their home planet and mate.) This concept emerged in the Classic ST episode, "Amok Time," written by science fiction writer Theodore Sturgeon. Many of the earliest K/S stories used pon farr as a device to push Kirk and Spock into bed with each other. Kirk surely would overcome his inhibitions about gay sex if doing so would allow him to save his friend's life. As slash became more widely accepted, there have been far fewer pon farr stories; the characters are no longer seen as requiring extreme situations to get them in bed together. So, in adopting this pon farr frame, "Closer" pays tribute to the foremothers Pon Farr stories often contain suggestions of sexual violence -- as does "Closer" -- themes which remain highly controversial inside fan circles. I am certain that the images of sexual violence here (specifically drawn from the use of the Vulcan Mind Meld in the original series accompanied by lyrics about "violation," "desecration" and "penetration") account for why some viewers outside of fandom found this particular video disquieting. This video is disquieting to many fans because of its strong suggestion of rape. Ose and More Ose One striking feature of "Closer" is its angsty tone -- created in part by the choice of soundtrack, in part by the ragged and grainy reproduction of the images, and in part by the selection of images which stress the emotional distance rather than closeness of the protagonists. Fans have a term, "ose," that captures this emotional quality: it comes from the expression "ose and more ose" (i.e. morose). [...] For me, "Closer" has a kind of emotional distance -- despite all of the angst -- that sets it apart from many other fan-made videos. Ironically, it is perhaps this emotional distance which has allowed many who are not Trek fans to embrace the aesthetics of this particular work. Many slash vids are hot -- this one is cool. Porn Again? Another striking feature of "Closer" is the insertion of porn shots amidst the footage taken from the original series. I have certainly seen this (relatively uncommon) practice among some fan music video makers but historically, such explicit videos did not circulate outside the fan community, so it was striking to see this practice out in public view. This is perhaps illustrative of what has happened as slash and fan vids have entered a networked culture. New people have been drawn to the form at a rate that strips the ability of the community to inculcate them into their norms. Old taboos are being shattered right and left often in highly public ways that would distress older fans who felt they had reasons for avoiding such public scrutiny. [...] "Closer" shows pretty well that these fan media makers can generate original interpretations through their manipulation and recontextualization of these images. Whatever you want to say about it, "Closer" makes a statement about the original material.
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Judith Gran

L'analyse de "The Footnote" ("La Note de bas de page") a été réalisée le 12/04/1997 par la doyenne Judith Gran de TSU Law School

Version Française :
Bon, je n'avais pas prévu de le faire, mais Robert Francis O'Reilly a écrit : "Il n'y a aucune preuve qui suggère qu'il était attiré physiquement par Spock. Intrinsèquement, celi suggère que Kirk n'était pas attiré physiquement par Spock. Il y a également une sorte de note de bas de page dans la novélisation du premier film Star Trek dans laquelle Kirk nie dans l'essentiel avoir déjà eu une attirance pour Spock." Lorsque quelqu'un prend le nom du Grand Oiseau en vain et interprète mal le Texte Sacré (dans ce cas, LA note de bas de page, c'est à dire la note éditoriale de Gene Roddenberry à la page 22 de la novélisation de Star Trek: The Motion Picture), je n'ai d'autre choix que de répondre. Néanmoins, avant de commencer, je dois relever la logique fallacieuse (heum, j'ai failli écrire "phallusieuse") dans les deux premières phrases de M. O'Brien. Dans l'essentiel, il argumente que "quelque chose n'est pas vrai tant qu'il n'y a pas de preuve pour le démontrer". Oups, adieu les milliers d'années de méthode scientifique. Mais oh, à quoi bon la logique lorsqu'on a le dogme ? Mais la voici. Une analyse ligne par ligne de LA note de bas de page. Dans sa "note éditoriale" à la page 22 de la novélisation de Star Trek: The Motion Picture (1979), Gene Roddenberry aborde enfin la question de savoir si Kirk et Spock sont amants. La note a apparemment choqué plusieurs fans, qui l'ont lu de façon superficielle, comme une façon modérée de nier explicitement la possibilité de slash entre Kirk et Spock. Mais une lecture plus approfondie infirme totalement cette explication. La note de bas de page est écrite de façon délibérément ambigüe afin que le lecteur moyen conclut précipitamment, mais de façon injustifiée, que Kirk et Spock n'ont *pas* été amants, tout en fournissant des indices aux lecteurs plus attentionnés qui suggèrent l'exact opposé. Les lecteurs qui sont familiers avec *Persecution and the Art of Writing* de Leo Strauss et ses autres œuvres reconnaîtrons l'approche que j'utilise ici. Strauss a découvert que les écrits d'Al-Farabi, Spinoza, Machiavel et d'autres penseurs qui ont exprimé des idées impopulaires sur des sujets controversés à leur époque, comme l'existence de Dieu et la relation entre la philosophie et la religion, requièrent une exégèse minutieuse de leur texte. Ces figures controversées avaient tendance à exprimer leurs idées à des niveaux de signification "exotérique" et "ésotérique": le premier était destiné au lecteur moyen, et le second au lecteur attentionné, qui serait amené à chercher le sens caché du texte à travers certaines ambiguïtés délibérées. En tant que challenge pour l'orthodoxie dominante, l'homosexualité est aussi controversée que le déni de la religion à l'âge de Machiavel. Il est compréhensible qu'un producteur de film et d'une série télévisée à forte audience soit réticent à déclarer brutalement que ses personnages les plus populaires ont eu une telle relation. Est-ce que la note de bas de page de Roddenberry est à lecture multiple ? Analysons la pour voir. Le texte nous dit que Spock considérait Kirk comme son "t'hy'la", un mot vulcain, nous dit la note éditoriale, qui peut signifier "ami", "frère" ou "amant". L'éditeur cite ensuite directement un commentaire transmis par Kirk sur "la spéculation comme quoi ils étaient effectivement devenus amants". C'est ce commentaire de Kirk qui est criblé d'ambiguités et qui requiert une analyse en détails. "JE N'AI JAMAIS ÉTÉ AU COURANT DE CETTE RUMEUR D'AMANTS", littéralement, tout ce que dit Kirk, c'est qu'il n'était pas au courant de l'*existence* de la rumeur. Même si les faits colportés par la rumeur étaient vrais, Kirk n'aurait peut-être jamais *entendu* la rumeur et donc n'aurait jamais été au courant de sa circulation. La phrase sonne ambigüe, toutefois, une ambigüité qui est accompagnée par l'usage de différents temps verbaux par Kirk dans cette phrase et la suivante, un usage de mots qui réussit à confondre totalement la lectrice, la laissant dans le doute, à savoir *quand* Kirk n'était pas au courant de cette rumeur. Il ne pouvait pas ne pas être au courant de cette rumeur au moment où l'éditeur lui a demandé de la commenter, étant donné qu'il dit ensuite, "BIEN QU'ON M'AIT DIT QUE SPOCK L'A ENTENDUE PLUSIEURS FOIS". Kirk ne pouvait rester ignorant de l'existence de la rumeur après qu'on lui ait dit que Spock l'avait entendue plusieurs fois. Par conséquent, le lien entre les deux propositions et la construction parallèle de la phrase (l'expérience de Kirk avec cette rumeur, par rapport à celle de Spock) soutient la conclusion que Kirk parle ici de son échec à *connaître* la rumeur, plutôt que de la valider ou la démentir. Apparemment, durant une certaine période dont la durée n'est pas spécifiée, Kirk ignorait que la rumeur était en circulation. Cela ne nous dit pas, en revanche, si la rumeur était vraie ou fausse. "APPAREMMENT, IL L'AVAIT TOUJOURS ÉCONDUITE AVEC SON LEVER DE SOURCIL DROIT CARACTÉRISTIQUE, QUI CONNOTAIT HABITUELLEMENT UNE CERTAINE COMBINAISON DE SURPRISE, D'INCRÉDULITÉ ET/OU D'AGACEMENT." Spock, apparemment, n'a pas démenti la rumeur lorsqu'il l'a entendue. Il ne l'a pas non plus confirmée, mais il est resté silencieux et a levé un sourcil. Peut-être est-il resté silencieux pour éviter de s'incriminer ? Nous ne devons pas tomber dans ce genre de conclusion précipitée, car Kirk nous a fourni les outils pour décoder le sourcil levé de Spock. Voyons ce que l'on peut conclure du "code" de Kirk. D'après lui, Spock aurait pu montrer : (a) surprise et incrédulité ; (b) surprise et agacement ; (c) surprise, incrédulité et agacement ; (d) agacement seulement ; ou (e) aucun des trois. Les possibilité (a) et (c), puisqu'elles incluent l'"incrédulité" dans la réaction de Spock, suggèrent que la rumeur est fausse, bien que cela ne soit pas définitif ; les possibilités (b), (d) et (e) valent aussi bien pour une rumeur vraie ou fausse. La "surprise" peut signifier rien de plus que la surprise quant à l'existence d'une telle rumeur ; "agacement" peut signifier l'agacement que représente la violation de la sphère privée de Kirk et Spock. Mais ces significations n'épuisent pas non plus l'univers des possibles significations du sourcil levé de Spock ("habituellement"). Non seulement le statut de la rumeur nous demeure obscur, mais nous ne savons pas ce que Spock a ressenti lorsqu'il l'a entendue. "QUANT À MOI, BIEN QUE JE N'AI AUCUNE OBJECTION MORALE OU AUTRE À FAIRE SUR L'AMOUR CHARNEL DANS SES FORMES HUMAINES, ALIENS OU MIXTES, J'AI TOUJOURS OBTENU MA MEILLEURE SATISFACTION PAR CETTE CRÉATURE, LA FEMME". Il s'agit de la phrase clé dans le commentaire de Kirk, car c'est ici que Kirk définit ses propres goûts et habitudes sexuelles. À première vue, on peut comprendre comment le lecteur moyen peut interpréter cette phrase comme une simple affirmation disant que Kirk fait uniquement l'amour à des femmes. Mais ce n'est *pas* ce que dit la phrase. La clé de la signification de la phrase sont ces termes : "meilleure satisfaction" "MEILLEURE" est un terme comparatif (techniquement, il s'agit d'un adjectif superlatif, qui requiert au minimum trois sujets pour comparer). Pour qu'il y ait une "meilleure", d'autres sujets doivent être disponibles pour une comparaison. Kirk ne dit pas qu'il reçoit sa seule "satisfaction" par des femmes, seulement que les femmes sont pour lui les "meilleures" partenaires sexuels pour le satisfaire. Par conséquent, on peut conclure qu'il a eu des partenaires sexuels qui ne sont *pas* des femmes et qu'il a reçu d'eux un peu de "satisfaction". L'insinuation évidente est que Kirk a essayé au moins une, si ce n'est plus, d'autres formes d'"amour charnel" qu'il énumère dans la première proposition de sa phrase. Le choix de Kirk du terme "SATISFACTION" pour décrire sa préférence pour les femmes est très révélatrice. Au cours de sa phrase, Kirk passe de façon inexplicable du terme "amour charnel" au terme bien plus étriqué "satisfaction". Tandis qu'amour physique" est une expression générale connotant la sexualité amoureuse avec un autre, "satisfaction" signifie généralement, dans un contexte sexuel, à la gratification brute des besoins sexuels. Tout ce que Kirk nous a dit, c'est qu'il considère le sexe avec les femmes plus "satisfaisant", c'est à dire plus efficace pour épancher la soif physique que le sexe avec d'autres créatures. Il est muet sur les autres dimensions de l'"amour charnel" : la joie, la tendresse, donner et partager et toutes les dimensions spirituelles et émotionnelles de l'intimité physique avec un partenaire à qui l'on tient profondément. L'abandon du concept d'"amour physique" pour le concept plus étriqué de "satisfaction" lorsqu'il compare les femmes aux autres partenaires sexuels suggère que Kirk a délibérément réduit le problème. En spécifiant "satisfaction" dans le domaine où les femmes sont, pour lui, les "meilleures" partenaires, Kirk nous a dit implicitement que les femmes ne sont *pas* tout le temps les "meilleures" dans les autres dimensions de l'"amour charnel" qu'il a exclu du champ de comparaisons. *Expressio unius est exclusio alterius.* (NdT : L'affirmation de l'un est l'exclusion de l'autre) En réduisant son attention sur ce problème, Kirk a réussi à nous distraire de la *vraie* question qui est posée : s'il a eu une relation d'amour physique avec une personne particulière qui n'est pas une femme. Si l'éditeur avait demandé à Kirk s'il avait eu une relation amoureuse avec Edith Keeler, maigre et brune, et Kirk aurait répondu de façon oblique : "J'ai toujours obtenu la meilleure satisfaction des blondes voluptueuses", nous aurions sûrement remarqué l'inadéquation de cette déclaration générale de préférences physiques comme réponse a un question sur une relation amoureuse en particulier. De plus, nous savons que Kirk classe l'"amour" bien plus haut que la "technique" (sans doute la source de "satisfaction") dans la sexualité. À la page 185 du roman, Kirk considère qu'il est possible, de par son expérience sexuelle supérieure, de séduire l'Ilia-probe plus efficacement que Decker, c'est à dire qu'il pourrait fournir à Ilia une expérience sexuelle plus "satisfaisante". Il rejette cette option car il sait qu'Ilia *aime* Decker et "la technique est toujours en retrait dans une course avec l'amour." Étant donné les propres opinions de Kirk sur la relative futilité de la satisfaction comparé à l'amour, son contournement d'une question sur l'"amour charnel" avec une réponse à une question non-existante sur la "satisfaction" est encore plus révélateur. "DE PLUS, JE NE VOUDRAIS PAS QU'ON PENSE QUE JE SUIS STUPIDE AU POINT DE CHOISIR UN PARTENAIRE QUI EST EN CHALEUR SEULEMENT UNE FOIS TOUS LES SEPT ANS." Kirk soutient que les personnes qui ont cette opinion de la sexualité vulcaine le considèreraient "stupide" s'ils savaient qu'il avait un partenaire vulcain ; il ne nous dit pas si les vulcains *sont* en fait fonctionnels tous les sept ans, ni si quelqu'un possède vraiment cette opinion ou non. Bien sûr, si les vulcains se trouvent être fonctionnels tout le temps et pas seulement une fois tous les sept ans, il n'y a absolument rien de stupide à avoir un partenaire vulcain, et Kirk a une fois de plus exécuté subtilement une manœuvre d'évasion à notre avantage. Kirk ne nous dit pas s'il considère que se *serait* stupide de prendre un compagnon vulcain, seulement qu'il ne voudrait pas *passer* pour stupide aux yeux des autres. Il est très improbable que Kirk refuserait d'avoir un amant vulcain seulement à cause d'un faux stéréotype tenu par des étrangers. Il a utilisé un stéréotype (et le cite de façon non-canon) populaire sur les vulcains pour dissimuler sa réticence à répondre à la simple question qui lui était posée. En effet, le fait le plus révélateur de toute la note de bas de page est que l'éditeur a posé à Kirk une question simple et directe, et qu'il fut gratifié, non pas avec un "oui" ou "non" simple et direct, mais avec une déclaration compliquée de 106 mots qui, lorsqu'elle est décryptée, est tout sauf une réponse claire. Gene Roddenberry nous a-t-il offert un autre exemple du fameux don de James Kirk pour les bobards ? Même si Kirk a refusé de répondre directement à la question de Roddenberry, il nous a néanmoins fourni quelques déclarations précises. Résumons les informations fournies par le commentaire de Kirk, le reste de la note et le texte. (1) Spock est venu au fait de rumeurs comme quoi lui et Kirk étaient amants. (2) Spock n'a pas confirmé ni démenti ces rumeurs. (3) Kirk n'a aucune objection morale ou autre à faire sur l'amour physique et ses formes diverses. (4) Les relations sexuelles de Kirk les plus satisfaisantes ont été avec des femme (5) Kirk a eu des relations sexuelles avec quelqu'un qui n'est *pas* une femme. (6) Kirk considère que les partenaires sexuels féminins ont l'avantage en terme de "satisfaction" sur les autres partenaires, mais pas sur les autres aspects de l'"amour charnel". (7) Kirk considère l'"amour" bien plus important que la "technique" dans une relation sexuelle. (8) Spock appelle Kirk par un nom vulcain qui signifie "ami", "frère" ou "amant". Je laisse à chaque lecteur le soin de décider le poids de cette évidence pour soutenir ou nier la possibilité d'une relation slash entre Kirk et Spock.
Traduite par Laurent
Version Originale :
Well, I wasn't going to do this, but Robert Francis O'Reilly wrote, "There's no evidence to suggest that he was attracted to Spock in a physical sense. That in and of itself suggests that Kirk was not physically attracted to Spock. There's also a footnote of sorts in the novelization of the first Trek novel in which Kirk essentially denies that he was ever attracted to Spock." When someone takes the name of the Great Bird in vain and misinterprets Sacred Text (in this case, The Footnote, that is, GR's "editor's note" on page 22 of the novelization of ST:TMP), I have no choice but to respond. Before I begin, though, I need to point out the logical fallacy (um, Ialmost wrote "phallusy") in Mr. O'Brien's first two sentences. In essence, heargues that "nothing for which we have not yet seen evidence can be true." Oops, there goes a few thousand years of scientific method. But hey, what good is logic compared to dogma? But here it is. A line by line analysis of The Footnote. THE FOOTNOTE: AN EXPLICATION DE TEXTE by Judith Gran In his "editor's note" on page 22 of the novelization of Star Trek: The Motion Picture (1979), Gene Roddenberry finally addressed the question whether Kirk and Spock are lovers. The note apparently struck some fans, who read it superficially, as a gentle but explicit denial of the possibility of K/S. Yet a deeper reading completely undermines that reading. The footnote is constructed with deliberate ambiguity that leads the average reader into the hasty but unjustified conclusion that Kirk and Spock have *not* been lovers, while providing the more careful reader with cues that suggest the exact opposite. Readers who are familiar with Leo Strauss' *Persecution and the Art of Writing* and other works will recognize the approach I use here. Strauss found that the writings of al -Farabi, Spinoza, Machiavelli and other thinkers who expressed unpopular ideas on topics that were controversial in their times, such as the existence of God and the relation between religion and philosophy, required a minute textual exegesis. These controversial figures tended to express their ideas on both an "exoteric" and an "esoteric" level of meaning: the first aimed at the average reader, the second at the more careful reader, who would be alerted to search for the meaning beneath the surface by certain deliberate ambiguities in the text. As a challenge to prevailing orthodoxy, homosexuality is as controversial as the denial of religion in the age of Machiavelli. It is understandable that the producer of a mass audience TV show and film might be reluctant to state too directly that his most popular characters have had such a relationship. Does Roddenberry's footnote contain different levels of meaning? Let us analyze it and see. The text tells us that Spock thought of Kirk as his "t'hy'la," a Vulcan word that, the editor's note tells us, can mean "friend," "brother" or "lover." The editor then quotes verbatim a comment supplied to him by Kirk on "some speculation over whether they had actually indeed become lovers." It is this comment of Kirk that is riddled with ambiguity and that requires analysis in detail. "I WAS NEVER AWARE OF THIS LOVERS RUMOR." Literally, all Kirk is saying here is that he was unaware of the *existence" of the rumor. Even if the facts referred to in the rumor were true, Kirk might simply have failed to *encounter* the rumor and thus might have been unaware that it was circulating. The sentence has the ring of ambiguity, however, an ambiguity that is compounded by Kirk's use of several differnt verb tenses in this sentence and the next, a use of words that succeeds in totally confusing the reader and leaving her in doubt as to *when* Kirk was unaware of the rumor. He cannot have been unaware of the rumor at the time the editor asked him to comment on it, for he goes on to say, "ALTHOUGH I HAVE BEEN TOLD THAT SPOCK ENCOUNTERED IT SEVERAL TIMES." Kirk could not have remained unaware of the rumor after having been told that Spock encountered it several times. The linking of these two clauses, therefore, and the parallel construction of the sentence (Kirk's experience with the rumor vs. Spock's experience with it) supports the conclusion that Kirk is discussing here only his own failure to *encounter* the rumor, rather than the truth or falsity of the rumor itself. Apparently, for some unspecified but definite period of time, Kirk remained unaware that the rumor was in circulation. This does not tell us, however, whether the rumor was true or false. "APPARENTLY HE HAD ALWAYS DISMISSED IT WITH HIS CHARACTERISTIC LIFTING OF HIS RIGHT EYEBROW WHICH USUALLY CONNOTED SOME COMBINATION OF SURPRISE, DISBELIEF, AND/OR ANNOYANCE." Spock did not, apparently, deny the rumor when he encountered it. Neither did he confirm it, but simply remained silent and raised one eyebrow. Did he perhaps remain silent to avoid self-incrimination ? We must not fall into such a hasty conclusion, for Kirk has supplied us with the tools to decode Spock's raised eyebrow. Let us see what we can conclude from Kirk's "code." According to Kirk, Spock could have meant: (a) surprise and disbelief; (b) surprise and annoyance; (c) surprise, disbelief and annoyance; (d) annoyance only; or (e) none of the above. Alternatives (a) and (c), since they include "disbelief" as an element of Spock's reaction, suggest the untruth of the rumor, though not conclusively; alternatives (b), (d), and (e) are consistent with either a true or a false rumor. "Surprise" may mean no more than surprise at the existence of the rumor; "annoyance" may mean annoyance at a violation of Kirk's and Spock's privacy. Nor do these meanings exhaust the universe of possible meanings of Spock's raised eyebrow ("usually"). Not only are we still in the dark about the truth of the rumor, but we do not even know how Spock felt when he encountered it. "AS FOR MYSELF, ALTHOUGH I HAVE NO MORAL OR OTHER OBJECTIONS TO PHYSICAL LOVE IN ANY OF ITS MANY EARTHLY, ALIEN AND MIXED FORMS, I HAVE ALWAYS FOUND MY BEST GRATIFICATION IN THAT CREATURE *WOMAN.*" This is the key sentence in Kirk's comment, for it is here that Kirk defines his own sexual tastes and habits. At first glance, one can understand how the casual reader could interpret this sentence as a simple affirmation that Kirk makes love only with women. But this is *not* what the sentence says. The key to the meaning of the sentence is the phase "best gratification." Each word is highly significant. "BEST" is a comparative term (technically, it is a superlative adjective, which requires at least three different items for comparison). For there to be a "best," other items must be available for comparison. Kirk does not say that he receives his *only* gratification from women, merely that women are for him the *most* gratifying sexual partners. Therefore, we can conclude that he has taken sexual partners who are *not* women and received at least some "gratification" from those encounters. The obvious implication is that Kirk has tried at least one, and probably more, of the other forms of "physical love" that he enumerates in the first clause of the sentence. Kirk's choice of the term "GRATIFICATION" to describe his preference for women is also highly significant. In the course of this sentence, Kirk slips inexplicably from the term "physical love" to the considerably narrower term "gratification." While "physical love" is a broad expression connoting the sexual expression of love for another being, "gratitifcation" generally means, in the sexual context, the brue satisfaction of sexual needs. All Kirk has told us is that he finds sex with women more "gratifying," i.e. More effective for achieving physical satiation, than sex with other creatures. He is silent on the other dimensions of "physical love": joy, tenderness, giving, sharing and all the emotional and spiritual dimensions of physical intimacy with a partner for whom one cares deeply. Kirk's abandonment of the concept of "physical love" for the narrower concept of "gratification" when he compares women to other sexual partners suggests that Kirk has deliberately narrowed the issue. By specifying "gratification" as the area in which women are, for him, the "best" partners, Kirk has told us, implicitly, that women are *not* always "best" in all the other dimensions of "physical love" that he has excluded from the arena of comparison. *Expressio unius est exclusio alterius.* By narrowing his focus to this single issue, Kirk has managed to distract us from the *real* question at hand, whether he has had a relationship of physical love with a particular person who is not a woman. If the editor had asked Kirk whether he had had a love affair with Edith Keeler, a skinny brunette, and Kirk had replied obliquely, "I have always found my best gratification in voluptuous blondes," we surely would appreciate the inadequacy of a statement of general erotic preference as an answer to a question about a particular love relationship. Furthermore, we know that Kirk ranks "love" far above "technique" (presumably the source of "gratification") in sexual matters. On page 185 of the novel, Kirk considers the possibility that because of his superior sexual experience, he could seduce the Ilia-probe more effectively than Decker, that is, provide Ilia with a more *gratifying* sexual experience. He rejects that possibility because he knows that Ilia *loves* Decker, and "sexual technique always [comes] out a poor runner-up in any race with love." Given Kirk's own views on the relative unimportance of gratification compared to love, his evasion of a question about "physical love" with an answer to a non-existent question about "gratification" becomes all the more significant. "ALSO, I WOULD DISLIKE BEING THOUGHT OF AS SO FOOLISH THAT I WOULD SELECT A LOVE PARTNER WHO CAME INTO SEXUAL HEAT ONLY ONCE EVERY SEVEN YEARS." Kirk argues that persons who hold this view of Vulcan sexuality would consider him "foolish" if they knew he had a Vulcan sexual partner; he does not tell us whether Vulcans actually *are* functional every seven years, nor whether anyone actually holds this opinion or not. Of course, if Vulcans do happen to be sexually functional at all times and not only once every seven years, there is nothing foolish at all about having a Vulcan lover, and Kirk has merely executed another clever evasive maneuver for our benefit. Kirk does not tell us whether he thinks it would *be* foolish to take Vulcan mate, only that he would prefer not to *look* foolish in the eyes of others. It is highly unlikely that Kirk would refuse to take a Vulcan lover merely because of a false stereotype held by outsiders. He has used a popular (and quote non-canonical) stereotype about Vulcans to conceal his unwillingness to answer the simple question put to him. Indeed, perhaps the most significant fact of all about the footnote is that when the "editor" asked Kirk a simple, straightforward question, he was rewarded, not with a simple, straightforward "yes" or "no," but with a complicated 106-word statement that, when deciphered, manages completely to avoid a straight answer. Has Gene Roddenberry favored us with another example of James Kirk's famous gift of the blarney? But although Kirk has refused directly to answer Roddenberry's question, he has supplied us with some definite statements nonetheless. Let us summarize the information provided in Kirk's comment, the rest of the note, and the text. (1) Spock encountered rumors that he and Kirk were lovers. (2) Spock neither confirmed nor denied these rumors. (3) Kirk has no moral or other objections of physical love in any form. (4) Kirk's most "gratifying" sexual encounters have been with women. (5) Kirk has had sexual relations with someone who is *not* a woman. (6) Kirk considers that woman sexual partners have the advantage over other sexual partners in the area of "gratification," but not in other aspects of "physical love." (7) Kirk considers "love" much more important than "technique" in a sexual relationship. (8) Spock calls Kirk by a Vulcan term that means "friend," "brother," or lover." I leave it to each individual reader to decide whether the weight of the evidence tends to support or deny the possibility of a K/S relationship.
Commentaire de Sam :
Si je résume l'intervenion du personnage de Kirk dans cette fameuse note de bas de page, notre bon Capitaine semble répondre à la question : Spock et vous êtes-vous amants ? comme ceci : "Je n'ai jamais été au courant de cette rumeur d'amants, bien qu'on m'ait dt que Spock l'a entendu plusieurs fois. Apparemment, il l'avait toujours éconduite avec son lever de sourcil droit caractéristique, qui connotait habituellement une certaine combinaison de surprise, d'incrédulité et/ou d'agacement. Quant à moi, bien que je n'ai aucune objection morale ou autre à faire sur l'amour charnel dans ses formes humaines, aliens ou mixtes, j'ai toujours obtenu ma meilleure satisfaction par cette créature : la femme. De plus, je ne voudrais pas qu'on pense que je suis stupide au point de choisir un partenaire qui est en chaleur seulement une fois tous les sept ans." Suis-je la seule à trouver la réponse de Kirk assez évasive et trop indirecte pour répondre de façon claire et tranchée à la question ? En oubliant les ambiguités liées à l'utilisation spécifique des mots en gras, je trouve que Gene n'aurait pas pu nous mettre plus encore dans le doute qu'en formulant une telle réponse. Réfléchissez. Si le créateur de la série avait voulu mettre fin à toutes ces rumeurs concernant le slash, répondre non à la question posée n'aurait pas pu être plus facile. Qui a déjà trouvé la moindre difficulté à répondre non à une question qui concerne le choix de votre partenaire ? Sortez-vous avec cet homme ? Oui. Ou non. S'il s'avère que vous sortez avec lui et que vous ne voulez pas que cela se sache vous répondrez non de façon tout aussi distincte. Laissons de côté l'argument comme quoi Gene aurait maintenu consciemment le doute dans l'unique espoir de ne pas perdre son public slasheur. Le fandom de l'univers de Star Trek est tellement immense et inter-générationnel que les fans purement slasheurs ne représentent pas une fraction assez conséquente pour inquiéter le créateur outre mesure. Le fait qu'il prenne un tel sujet comme l'homosexualité entre ses deux héros principaux et l'insère jusque dans sa novelisation en dit déjà bien assez long... Le slash existe partout mais aucun autre auteur, créateur, producteur ne lui a donné une part aussi importante que Gene. Je mets de côté le slash de la série Supernatural où les héros rencontrent une fan slasheuse de leurs histoires relatées par un prophète qui les écrit sous forme de livres... la mise en abîme est explicite, les fans slasheurs clairement représentés et le sujet abordé avec humour afin de montrer que l'homosexualité entre les deux frères ne relève purement que du fantasme. Gene accorde donc une attention sérieuse au slash enre Kirk et Spock. Maintenant, voyons le deuxième versant de la problématique. Si Gene Roddenberry n'avait pas voulu répondre non à la question mais plutôt oui ? Aurait-il pu le faire de façon aussi claire et tranchée ? Comme il aurait pu choisir de le faire pour une réponse négative ? Il va de soi que non. Le succès de Star Trek et de tout l'univers qui en a découlé est tel qu'il est devenu bien trop important et conséquent pour qu'une telle révélation soit aussi aisée et explicite. Quel fan de Star Wars ne serait pas choqué en apprenant un jour que Luke Skywalker et Yan Solo sont partis en voyage de noce ? A part moi bien entendu ! Mais s'il n'y a aucune ambiguité, ni aucune possibilité pour que les deux héros de Star Wars soient amoureux l'un de l'autre, ce n'est pas le cas de Kirk et Spock (je vous rappelle que Gene lui même a avoué dans une interview qu'il y avait des sous-entendus amoureux entre eux). Donc, la seule façon qu'avait Gene pour nous faire comprendre qu'il y a plus que de la simple amitié entre Kirk et Spock se résume ici par l'affirmation indirecte qu'ils n'ont peut-être jamais couché ensemble (après tout il affirme que l'amour charnel n'a jamais été suggéré dans la série - ne faisant pas mention des films pour autant), et par un démenti flou et bourré d'ambiguité. De mon point de vue, Gene n'aurait pas pu laisser sous-entendre d'une meilleure manière que les rumeurs sur le couple Kirk et Spock ne sont pas si infondées. Si le créateur de la série avait voulu dire oui, c'est exactement comme cela qu'il l'aurait fait.
 

Lorsque Kirk fut interrogé sur les rumeurs concernant le fait que lui et Spock étaient amants, voici ce qu'il a répondu :

« Je n’ai jamais été au courant de cette rumeur d’amants, bien qu’on m’ait dit que Spock l’a entendu plusieurs fois. Apparemment, il l’avait toujours éconduite avec son lever de sourcil droit caractéristique, qui connotait habituellement une certaine combinaison de surprise, d’incrédulité et/ou d’agacement. Quant à moi, bien que je n’aie aucune objection morale ou autre à faire sur l’amour charnel dans ses formes humaines, aliens ou mixtes, j’ai toujours obtenu ma meilleure satisfaction par cette créature : la femme. De plus, je ne voudrais pas qu’on pense que je suis stupide au point de choisir un partenaire qui est en chaleur seulement une fois tous les sept ans. »

Je n'entends pas de « non. »

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